Une fillette de 4 ans ligotée par ses institutrices dans une école à Tournai

L’école libre Saint-Michel à Tournai a ouvert une procédure disciplinaire à l’égard des deux enseignantes, qui sont en arrêt depuis les faits. La direction et le pouvoir organisateur parlent d’un comportement inacceptable.

Une fillette de 4 ans ligotée par ses institutrices dans une école à Tournai
©SHUTTERSTOCK

L'affaire fait grand bruit depuis la semaine dernière et a pris des proportions folles depuis qu'elle a été révélée sur les réseaux sociaux. L'incident s'est produit le lundi 13 juin au sein de l'école libre Saint-Michel, implantée dans le quartier Saint-Éleuthère à Tournai.

Ce sont nos confrères du Nord Éclair qui ont relaté la mésaventure subie par une fillette âgée de 4 ans, juste avant la récréation. L’écolière scolarisée en 2e maternelle a été punie pour avoir frappé un copain de classe. Jusque-là, rien d’anormal, si ce n’est les méthodes pour le moins choquantes utilisées par les deux institutrices. Ces dernières ont fait asseoir la jeune fille sur une chaise, dans un couloir, et attaché ses mains avec du scotch.

La direction et le pouvoir organisateur (P.O) de l'école Saint-Michel ont confirmé les faits, qu'ils ne cautionnent absolument pas: "C'est la première fois que l'on se retrouve face à une telle situation , expliquent Estelle Tahay, la présidente du P.O, et Guy Delhaye, à la tête de l'établissement tournaisien. Le comportement, inadmissible, des deux enseignantes n'a pas sa place dans notre école. Elles voulaient donner une bonne leçon à la jeune élève mais il y avait d'autres moyens de la punir. Nous avons bien entendu présenté nos excuses à la petite fille, à sa maman et nous les réitérons."

Une procédure disciplinaire a été engagée

Comment peut-on trouver un semblant de justification à ce dérapage? "On n'avait jusqu'à présent jamais rencontré le moindre problème avec les institutrices incriminées, qui ont un peu d'ancienneté chez nous (NDLR: cinq ans pour l'une et une dizaine d'années pour l'autre), nous dit le directeur, Guy Delhaye. Leur comportement, elles l'expliquent par un enchaînement de circonstances malheureuses. L'écolière, quelque peu turbulente, frappait régulièrement des enfants de l'école. Mais cela n'excuse en rien cette punition."

Une procédure disciplinaire a été ouverte à l'égard des enseignantes, dont l'une a déjà été écartée jusqu'à la fin de l'année scolaire. Sa collègue est en arrêt maladie jusqu'au 30 juin. "Nous sommes occupés de collecter tous les documents nécessaires pour entamer ce processus disciplinaire. On prend nos renseignements auprès du SeGEC (secrétariat général de l'enseignement catholique), mais il s'agit d'une procédure de longue haleine."

Des institutrices insultées et menacées

Parlant d'une véritable humiliation pour sa fille, la maman a indiqué à nos confrères du Nord Eclair qu'elle avait bien l'intention de déposer plainte auprès de la police. Les deux institutrices, à qui l'école Saint-Michel a apporté un soutien psychologique, ont été confrontées à un déferlement de commentaires, parfois haineux et racistes, sur les réseaux sociaux. Un lynchage que l'école Saint-Michel regrette. "Elles ont été insultées et même menacées", précisent Estelle Tahay et Guy Delhaye.

La direction et le pouvoir organisateur se serait bien passés de cette affaire, qui écorne l’image de cet établissement tournaisien qui jouit d’une bonne réputation.

"Nous avons adressé un courrier ce lundi aux parents d'élèves pour les informer de cet incident et marquer notre désapprobation. Nous n'avons pas eu de retours négatifs. Les enfants sont tous bien présents en classes. On a reçu des marques de soutien de certaines familles", souligne le chef d'établissement, Guy Delhaye.

Compte tenu de l'absence des deux enseignantes, l'école Saint-Michel a dû trouver des solutions afin d'éviter que les enfants de 2e maternelle puissent poursuivre leur scolarité jusqu'à la fin juin. "Nous avons réorganisé les choses en repositionnant les titulaires dans d'autres classes", assure enfin M. Delhaye.