Le secteur de l'horeca tire la sonnette d'alarme, même le recrutement d'étudiants est devenu compliqué

Trouver du personnel relève aujourd'hui du chemin de croix.

M.P.
Le secteur de l'horeca tire la sonnette d'alarme, même le recrutement d'étudiants est devenu compliqué
©D.R

La semaine dernière, nous annoncions que la brasserie Dubuisson n'entrevoyait pas la saison sereinement. Ce ne sont pas moins de 34 profils qui sont signalés comme manquants dans ses établissements situés à Tournai, Ath, Pipaix, Mons, Charleroi et Louvain-la-Neuve. Un manquement important qui menace fortement le fonctionnement des établissements. "C'est une situation inédite", explique Gérald Deschamps, directeur opérationnel des établissements de la Brasserie Dubuisson. Trouver du personnel relève aujourd'hui du chemin de croix. "Nos annonces de recrutement recueillent de moins en moins de candidats, et lorsque nous organisons des entretiens, généralement 10% d'entre eux s'y présentent".

L'enseigne n'est pas la seule à souffrir de ce manque de personnel. En Wallonie picarde, les appels de détresse s'enchaînent. "Les horaires sont loin d'être attirants, cela entraîne les personnes à effectuer d'autres formations", indique un restaurateur de la région d'Ath. "Cela fait plus d'un an qu'on recherche du personnel. Les jeunes ne sont plus motivés à travailler dans le domaine et ne pensent qu'au salaire.L'HoReCademande beaucoup de sacrifices et de flexibilité".

Même le recrutement de jobs étudiants est devenu compliqué. Autrefois, il s'agissait de profil sur lequel le secteur de l'Horeca pouvait facilement compter pour palier à la hausse des activités. Aujourd'hui, le monde étudiant s'en désintéresse et trouve de l'emploi dans d'autres filières. Cette problématique commence à se faire fortement ressentir au sein des établissements de la brasserie Dubuisson et la direction tombe à court de solution pour pallier à cette pénurie. "Si nous ne trouvons pas de personnel rapidement, nous devrons envisager d'autres solutions",précise Gérald Deschamps. "Nous pourrions, par exemple, être contraints de réduire nos capacités d'accueil ou encore de revoir nos jours d'ouverture".

"C'est très difficile de recruter des jeunes qui veulent pleinement travailler dans le secteur. Lorsqu'on les sollicite les week-ends ou les jours fériés, la plupart du temps, ils précisent avoir d'autres activités", relève un autre restaurateur. Les professionnels du milieu espère que cette situation est juste de passage ...