Du balisage avifaune placé à l'aide d'un drone à Harmignies : c'est une première en Belgique (VIDEO)

Ces dispositifs doivent permettre de diminuer drastiquement les risques de collisions entre les oiseaux et les câbles.

C’est une grande première en Belgique. Ce mardi matin, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité à haute tension, Elia, a placé un balisage avifaune à l’aide d’un drone sur les tronçons de liaison Harmignies-Ville-sur-Haine et Harmignies-Ciply, identifiée par Natagora comme dangereuse pour les oiseaux. Spécialement conçu pour travailler sur des liaisons à haute tension, le drone offre une réelle alternative aux techniques plus traditionnelles mais aussi plus dangereuses, comme l’utilisation d’une nacelle.

Au total, ce sont près de 600 balises qui seront ainsi placées cette semaine sur la ligne, grâce au drone. "Le drone était déjà utilisé auparavant pour réaliser des inspections visuelles et des audits de liaisons", précise Mélanie Laroche, en charge de la communication. "Aujourd'hui, grâce à l'évolution des règlementations européennes, nous pouvons recourir à l'usage d'un drone. C'est un vrai plus pour nos équipes, qui devaient jusqu'ici utiliser des cabines à faire glisser le long des conducteurs."

Une mission qui était énergivore, physiquement compliquée et bien plus dangereuse. D’autant que certains câbles de garde sont trop fins que pour supporter le poids d’une nacelle et de deux personnes. Ici, le pilote de drone se positionne sous la ligne et fait voler son drone, muni de cinq balises. Ce dernier attache chaque balise à dix mètres d’intervalle, sur le câble de garde. Une fois ces cinq balises placées, le drone redescend pour être rechargé.

Ce sont donc plus de 100 balises qui peuvent être placées chaque jour, grâce à un drone peu réceptif aux champs électromagnétiques émis par les lignes à haute tension. Les balises de type Firefly’s ressemblent à des plaquettes rectangulaires qui reflètent la lumière grâce à deux réflecteurs placés de chaque côté. Une fois suspendues, les oiseaux les perçoivent mieux et adaptent leur trajectoire de vol.

"Il n'est pas possible de poser pareil dispositif sur toutes les lignes mais depuis une dizaine d'années, Natagora répertorie celles qui nécessitent une intervention", ajoute Jean-Yves Paquet pour le pôle ornithologique de Natagora. "Sur cette ligne-ci, nous avons principalement identifié la présence de mouettes et de goélands, qui sont justement connus pour mal identifier les obstacles horizontaux, surtout dans l'obscurité."

Les balises déjà placées sur d’autres lignes (à l’aide de nacelles) ont montré qu’elles permettaient de réduire de 95% les collisions et donc les décès d’oiseaux. À ce jour, 79 kilomètres de liaisons haute tension sont balisées sur l’ensemble du territoire. Elia s’est fixé l’objectif d’atteindre 200 kilomètres de liaisons balisées d’ici 2030, en fonction des zones jugées prioritaires, soit 20 kilomètres de balisage supplémentaire par an.

Selon Natagora, la Belgique compte actuellement 325 km de lignes aériennes présentant un risque de collision important pour les oiseaux. La collaboration avec Elia doit permettre de diminuer le nombre d’oiseaux qui les percutent mortellement, un chiffre estimé entre 170 000 et 500 000 par an.