Une tentative de meurtre au centre Fedasil à Tournai ?

Une bagarre a éclaté entre plusieurs demandeurs d’asile. L’un d’entre eux est poursuivi pour "tentative de meurtre".

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Une tentative de meurtre au centre Fedasil à Tournai ?
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Les faits remontent à il y a tout juste un an. Le 20 septembre 2021, quatre personnes ont été impliquées dans une bagarre particulièrement violente : l’un d’entre eux a subi des coups de cutter qui ont entraîné une incapacité de travail.

Le jour des faits, trois des quatre prévenus, des hommes d'origine afghane, marchaient sur le pont surplombant l'Escaut, quand ils ont été interpellés par le quatrième prévenu, un homme d'origine nigériane. Une altercation survient entre deux des quatre prévenus, nommés Mohammed et Richard (prénoms d'emprunt). Le troisième prévenu, Youssef a, selon ses dires, tenté de séparer les deux hommes. Le quatrième, Benja a, quant à lui, observé la scène de loin.

Il s'avère que Mohammed et Richard avaient déjà été en opposition la veille, au centre Fedasil. "Je suis allé aux toilettes", explique Mohammed. "Richard m'a suivi et m'a sauté dessus." Si Mohammed a préféré ne pas donner suite à cette affaire, Richard est quant à lui allé se plaindre auprès des responsables du centre.

Après cette altercation sur le pont, Mohammed, Youssef et Richard ont rejoint le centre, tandis que Benja les a suivis de loin. Au Centre, un nouvel épisode violent éclate entre Mohammed et Richard. Ce dernier aurait frappé le premier, qui pour se défendre, couché au sol, aurait agité ses bras de haut en bas. "Je reconnais que je tenais une lame de cutter entre les doigts", précise Mohammed, qui a grièvement blessé Richard au niveau de l'œil et du thorax. Ce dernier a dû être emmené à l'hôpital où il a reçu d'importants soins.

Mohammed est poursuivi pour "tentative de meurtre", tandis que les deux autres sont poursuivis pour des coups et blessures avec préméditation. Richard est également poursuivi dans ce dossier pour les coups qu'il a assénés à Mohammed et Youssef, qui se sont portés parties civiles.

"Richard reste traumatisé par la situation", précise son avocate. "Il souffre encore aujourd'hui. Il a des pertes de mémoire. Il a récemment perdu son droit à l'asile et se retrouve à la rue." L'avocate a demandé la désignation d'un expert pour évaluer l'importance des dommages causés, et a, à titre provisionne, plaidé en faveur d'un dommage de 5 000 €.

Une requalification

Au vu des éléments du dossier, le parquet est revenu sur la qualification de tentative de meurtre : "Le médecin ne dit pas que les blessures auraient pu tuer Richard", indique le substitut du procureur du Roi qui a demandé la requalification en "coups et blessures volontaires". Pour Mohammed et Youssef, la préméditation a également été remise en question, avant d'être abandonnée. Le parquet requiert deux ans de prison à l'encontre de Youssef et Mohammed. Il a requis l'acquittement de Benja. Richard, victime des coups de cutter, est également tenu responsable des coups assénés à Mohammed et Youssef : le parquet requiert 18 mois à son encontre.

Les avocats de Mohammed et Youssef ont plaidé en faveur de "la peine la plus clémente possible, et un sursis pour ce qui excède la détention préventive". L'avocat de Benja est quant à lui allé dans le sens du réquisitoire du procureur du Roi. Le jugement sera prononcé le 27 octobre.