Silly : plus de 50 000 € soutirés à "mamy" ?

Un couple gérait depuis 26 ans les affaires de la vieille dame, aujourd’hui décédée. Les époux sont choqués et nient.

G. Dx.
Silly : plus de 50 000 € soutirés à "mamy" ?

Gisèle et Pierre (prénoms d’emprunt) n’ont jamais eu de soucis avec la justice. Ils se retrouvent à la barre du tribunal correctionnel pour avoir abusé de la confiance d’une dame âgée décédée l’an dernier et pour avoir utilisé sa carte bancaire de manière intempestive. Les prévenus se disent choqués et contestent. Au total, le montant visé dépasse les 50 000 €.

L’affaire se déroule dans l’entité de Silly. La période infractionnelle court de 2009 à fin mai 2018, moment où le compte de la dame a été bloqué.

"Nous aidions cette dame depuis 26 ans dans sa gestion journalière, confie Pierre, 71 ans. Elle était habituée à l'argent liquide et tout se faisait avec son accord. Nous n'avions pas de procuration. Elle avait des difficultés à se déplacer et nous faisait confiance. Tout était transparent. Les sommes dont on parle étaient des remboursements pour des achats que nous effectuions pour elle. Elle était comme notre grand-mère. Ma femme a passé des milliers d'heures à ses côtés."

Pierre indique encore que sa femme et lui n’ont aucun problème financier et qu’ils ont même permis à la vieille dame d’améliorer son confort de vie en lui achetant des meubles et en faisant appel à une pédicure.

Le prévenu est persuadé que la dame âgée a été manipulée par un homme que nous appellerons Raymond et qui s'est constitué partie civile. "Je lui ai trouvé du boulot et j'ai aidé cet homme à faire des travaux dans sa maison, assure Pierre. À un moment, il a basculé dans la jalousie et la haine, sans doute par rapport à ma réussite professionnelle."

Ce qui fait tiquer l'avocat de la partie civile et le ministère public, c'est la découverte, lors d'une perquisition chez le couple, d'un coffret contenant des bijoux ainsi qu'une photo de la dame âgée destinée à être posée sur sa tombe après sa mort. "Et aussi des titres pour un million d'anciens francs", soutient Raymond.

"Monstre"

La partie civile relève aussi que le couple a utilisé le compte de la dame lors de vacances au Portugal. "Elle nous avait dit d'acheter des cadeaux pour nos enfants avec ce compte", justifie Pierre, qui n'a pas hésité à qualifier Raymond de "monstre", dans ce dossier. "Il lui a même fait changer les serrures."

Le ministère public a requis un an de prison avec sursis tout en ne s'opposant pas à une mesure de faveur. La défense martèle qu'il n'y a pas eu de volonté délictueuse. "Ils sont choqués. Ce sont des honnêtes gens. La dame a été influencée et manipulée. La preuve, son testament a été changé peu avant son décès. Nous demandons l'acquittement."

Jugement le 17 novembre.