Maison de l’horreur : quatre des accusés coupables de torture à Anderlues

La cour d’assises du Hainaut a rendu son verdict, vendredi, dans le cadre du procès des quatre hommes et des deux femmes accusés de faits de torture, de traitements inhumains et dégradants, d’abus de faiblesse, de traite des êtres humains et de non-assistance à personne en danger.

(BACK ROW L-R):Accused Laurent Dramaix, Marie-Helene Bartel, Remy Van Meighem, Frederic De Puydt, Dany Harlez and Betty Harlez (MIDDLE ROW L-R) Lawyer Boris Druart Lawyer Alyssa Carlucci Lawyer Sonia Martines Lawyer Jean-Edmond Mairiaux Lawyer Mevlut Turk Lawyer Camille Brison Lawyer Alisson-Scarlett Cerquetti Lawyer Julien Dallons pictured at the jury constitution session for the assizes trial of six persons before the Assizes Court of Hainaut Province in Mons, Thursday 06 October 2022. The defendants are prosecuted for torture, inhuman and degrading treatment, abuse of a position of weakness, trafficking in human beings, indecent assault and failure to assist a person in danger, against Camille and Christian, a vulnerable couple, in Anderlues. BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR

Quatre des six accusés sont coupables de torture. Les six sont coupables d’au moins quelque chose. Le procès devant les assises a commencé la semaine dernière, et après quatre jours de plaidoiries le jury a eu 48 heures pour répondre à 157 questions concernant la "Maison de l’horreur" d’Anderlues, rue Saint-Médard.

Les victimes sont Christian Bartel et Camille De Clercq, deux personnes vulnérables en raison d’une maladie ou d’un handicap. Ils avaient été recueillis chez des proches, lesquels leur avaient confisqué leur carte bancaire et les avaient obligés à mendier ou voler des métaux. Cela faisait deux ans – depuis 2017 – que les deux victimes subissaient un enfer. "On les a considérés comme des esclaves", précisait leur avocat. Sur des vidéos diffusées durant le procès, on a appris qu’ils ont été moqués, humiliés, frappés, rasés…

Le 12 avril 2019, les jambes de Christian et Camille ont été aspergées de liquide inflammable et le feu y a été bouté. Quatre jours plus tard, Camille arrivait à fuir la maison. "Si elle n’avait pas fui, elle serait morte", a déclaré l’avocat général devant la cour, durant les plaidoiries. "Morte de septicémie, car les lieux étaient jonchés de crottes de rats et de puces."

Laurent Dramaix, Marie-Hélène Bartel, Rémy Van Mieghem et Frédéric De Puyt sont reconnus coupables de torture et de traitements inhumains et dégradants. Les deux premiers sont aussi coupables de traite des êtres humains et d’abus de faiblesse. Dany Harlez a été reconnu coupable de faits de mœurs et de traite des êtres humains. Son épouse Betty Harlez est coupable de non-assistance à personne en danger.

Les peines qu’ils encourent sont lourdes. Le débat doit encore se faire.