Hainaut

Le voisinage n'est pas inquiet. Du moins pour le moment.

"Elle n'est pas la bienvenue à Manage", "que ce monstre reste en prison", "on ne veut pas d'elle chez nous"… Voilà quelques-uns des propos les plus softs sortis de la bouche des Manageois, indignés le mois dernier à l'annonce de la venue de Geneviève Lhermitte au centre psychiatrique Saint-Bernard. Celle qui a été condamnée à perpétuité pour avoir tué ses cinq enfants en 2007 a finalement intégré le centre le 6 mai, dans la plus grande discrétion.

Une vingtaine de jours plus tard, l'apaisement semble être revenu dans la Cité du Verre qui avait été pas mal chahutée les jours précédents la venue de Geneviève Lhermitte. "Elle est internée dans la discrétion et c'est très bien comme cela", commente le bourgmestre Bruno Pozzoni (PS). "Je n'ai aucun retour, ni positif, ni négatif, de la population. Je n'ai pas non plus de retour venant du centre psychiatrique. Si je n'entends parler de rien, c'est que tout se passe très bien. Et j'avoue que moins j'en entends parler, mieux je me porte."

Il faut admettre que les équipes du centre Saint-Bernard ont parfaitement géré la situation. Le personnel a d'ailleurs reçu la consigne de ne divulguer aucune information en-dehors des murs.

Dans les rues voisines du centre psychiatrique, le calme est aussi revenu. "Ce n'est pas quelque chose qui m'a inquiété. Et c'est le cas de la plupart de mes voisins", assure M. Spateri. "Quand nous avons appris la nouvelle, nous étions remontés et même choqués", admet de son côté Mme Collura. "Elle a quand même assassiné cinq enfants et c'est quelque chose d'horrible et d'impardonnable. Mais nous n'avons pas peur. De toute façon elle est enfermée."

Du moins, pour le moment. "C'est vrai qu'elle sortira probablement un jour pour aller se promener comme les autres personnes internées", poursuit la riveraine. "Chacun a le droit de refaire sa vie mais ça reste difficile à accepter pour un cas comme le sien."

Incarcérée à la prison de Berkendael depuis 2007, Geneviève Lhermitte a obtenu en avril dernier sa remise en liberté sous conditions. Son souhait étant d'intégrer un centre psychiatrique fermé afin de poursuivre le travail thérapeutique entamé durant sa réclusion.

Pour le moment, aucune sortie ne lui est autorisée contrairement à d'autres résidents du centre. Mais la situation pourrait évoluer dans les prochaines années après le feu vert des psychiatres et du tribunal d'application des peines. L'inquiétude des Manageois risque alors de remonter en flèche même si elle sera probablement accompagnée durant ses sorties.