Hainaut

Un rayon de soleil a surgi dans le dossier de la tour Saint-Albert la semaine dernière. Le collectif qui s’est constitué pour préserver le bâtiment industriel a en effet appris que le permis de démolition introduit par le propriétaire Fluxys et soutenu par la Ville de Binche avait été refusé par la Région wallonne.

"En fait", précise Sébastien Duez du collectif, " le fonctionnaire délégué de la Région wallonne n’a pas rendu son avis dans les temps, ce qui, selon les règles du CWATUP, équivaut à un refus de permis ". Pour Sébastien Duez et les citoyens qui s’étaient mobilisés, c’est un soulagement. "Si le permis avait été accepté, la démolition aurait débuté le 9 avril. On est vraiment passé à côté d’une catastrophe pour notre patrimoine."

Mais il est encore trop tôt pour crier victoire. "Le propriétaire Fluxys peut toujours relancer la procédure", envisage Sébastien Duez. "Ça leur coûtera du temps et de l’argent, mais pour Fluxys, ça ne devrait pas poser de problèmes. On peut toutefois espérer que ce refus les fera réfléchir."

Vers une sauvegarde du site ?

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, le comité citoyen a également appris que la Commission royale des Monuments et Sites a introduit le 17 février une demande auprès du ministère du Patrimoine pour inscrire la tour Saint-Albert sur la liste de sauvegarde. " Il revient maintenant à Maxime Prévot d’évaluer la pertinence de cette sauvegarde. Nous allons appuyer la demande de la commission en rencontrant le ministre wallon. Nos arguments sont sensiblement les mêmes, mais nous avons aussi une pétition signée par un millier de riverains qui témoignent d’un réel attachement à ce patrimoine industriel ." Des contacts ont également été pris pour rencontrer le bourgmestre de Binche Laurent Devin.

Du côté de Fluxys, on attend d’avoir tous les éléments du dossier en main avant de communiquer sur une possible alternative à la démolition. Tout en restant réaliste. " On voulait rendre le terrain à la commune de Binche et pour ce faire, nous devions démolir la tour", explique Rudy Van Beurden de Fluxys. "Ce n’est pas notre rôle de restaurer une installation dont on n’a plus l’utilité avant de la remettre à la commune."

Dans ce dossier comme dans beaucoup d’autres, l’argent reste le nerf de la guerre. Une inscription de la tour Saint-Albert à la liste de sauvegarde du patrimoine offrirait malgré tout un peu d’oxygène au collectif citoyen. " Nous aurions alors un an de répit. De quoi réunir le propriétaire, des promoteurs et les autorités pour envisager des pistes de reconversion ", conclut Sébastien Duez.