L'inquiétude est importante quant au potentiel tracé du projet de la Boucle du Hainaut. Le projet d'Elia consiste en l'installation d'une nouvelle ligne à 380 kV, sur une distance de 84,8 kilomètres entre le poste à haute tension d'Avelgem et celui de Courcelles, via 14 communes hainuyères. Seneffe, où s'est notamment rendue la ministre wallonne vendredi, serait la commune la plus touchée par la ligne, sur une distance de 14 kilomètres.

Céline Tellier est allée à la rencontre des citoyens, desquels est née une vague d'opposition au projet. "Les gens se posent beaucoup de questions quant à l'impact des ondes magnétiques, à l'impact sur le paysage de ce type d'infrastructure", a-t-elle reconnu, précisant que le gouvernement fédéral précédent avait confirmé l'utilité de la Boucle du Hainaut dans le cadre de la sécurité énergétique en Belgique. "Des choix technologiques ont été faits sur le tracé, le type d'infrastructure. Ils suscitent des questions auxquelles il faut pouvoir répondre."

Le ministre wallon Willy Borsus, en charge de l'Aménagement du Territoire, avait indiqué, plus tôt en janvier, que des études ont été demandées pour le dossier, notamment concernant l'électromagnétique ainsi que sur d'autres thématiques de la ligne aérienne envisagée par Elia ayant un potentiel impact.

"Ma responsabilité en tant que ministre de l'Environnement est de m'assurer qu'il n'y a pas de risque pour la santé des personnes et des animaux", a souligné Céline Tellier, qui a ajouté avoir lancé des initiatives visant à fixer des valeurs "balises" en Wallonie au niveau des impacts des ondes magnétiques.

"J'ai lancé deux initiatives: une étude complémentaire et indépendante de la procédure actuelle qui vise à véririfier quels sont les impacts des ondes électromégnatiques, en particulier des lignes à haute tension, sur la santé", détaille-t-elle.

L'écologiste souhaite aussi que des valeurs seuils soient fixées en Wallonie, à l'image de ce que la Flandre a fait. "Il n'existe pas aujourd'hui d'autre norme en Wallonie que la norme européenne de 100 microteslas. L'objectif est donc de pouvoir fixer une valeur idéale endéans de laquelle il n'y aucun risque pour la santé, y compris des enfants. Nous souhaitons aussi une valeur d'intervention en cas de risque."

La ministre proposera prochainement ces deux valeurs "balises" au Parlement wallon et au gouvernenement. Avec elles, "on aurait des références pour savoir à quelle valeur le citoyen est exposé, pour donner des orientations pour des projets comme la Boucle du Hainaut, pour savoir, notamment, s'il faut des distances plus importantes pour l'habitat, pour les activités agricoles."

D'après Céline Tellier, la valeur utilisée en Flandre est intéressante car basée sur la littérature scientifique: en-dessous de 0,4 microtesla, il n'y aucun risque pour la santé, en ce compris des enfants.