On le sait, l’ensemble des partis politiques ont déjà émis leur avis sur le dossier de la Boucle du Hainaut. S’ils s’entendent tous sur le fait que le projet tel que déposé n’est pas acceptable, ce mercredi soir, ils se sont opposés sur la question du comité de suivi. En effet, le groupe CDH, représenté par le député wallon, François Desquesnes, a présenté une motion demandant l’association des citoyens dans la contre-étude demandée par le ministre Willy Borsus (MR).

Pour rappel, afin de répondre aux 22 000 réclamations citoyennes, les ministres wallons Tellier et Borsus s’étaient engagés à réaliser une étude environnementale et sur les besoins réels de transport énergétique. Lors de premières interpellations, les deux élus avaient confié ne pas intégrer les citoyens dans le processus, avant que la ministre Tellier (Ecolo) accepte d’organiser trois réunions de suivi d’étude avec l’ASBL Revolht. Le ministre de l’Aménagement du territoire a, quant à lui, toujours refusé la proposition.

Le groupe CDH est donc revenu à la charge ce mercredi, avec une motion demandant explicitement que Revolht puisse avoir des contacts directs avec la spécialiste canadienne. Face à cette proposition, le Mouvement Réformateur s’est montré très clair. "La motion revient à s’immiscer dans la façon dont le ministre doit traiter le dossier", déclare Jacqueline Galant (MR). "Le CDH tente donc, par voie de motion, de créer de nouvelles règles de procédure, ce qui est interdit en droit. Par la motion, le CDH veut ouvrir de manière inconsciente et inconsidérée la possibilité d’un recours futur par toutes personnes intéressées contre toutes décisions pour vice de forme. Le groupe CDH joue avec le feu."

D’autres ont, eux, nuancé leurs propos. "L’ensemble des groupes socialistes continuent de soutenir les initiatives citoyennes, continuent à relayer les demandes des élus communaux qui sont unanimes par rapport au projet tel que déposé par Elia", explique Laurent Devin (PS). "Oui, ce dossier a besoin de la transparence nécessaire. Oui, ce dossier a besoin de communication. Nous entendrons le rapport du ministre en septembre, et on aura le temps de s’exprimer, d’exiger ce qui doit être exigé, pour continuer à soutenir les demandes citoyennes."

Du côté d’Ecolo, on souhaite également intégrer les citoyens dans le processus. "On est un peu hors compétence légale, puisque le ministre Borsus a décidé lui-même, pour essayer de challenger ce qui était prévu par Elia, de voir ce qu’il y avait moyen de faire", ajoute Manu Disabato (Ecolo). "Et donc, à ce niveau-là, les riverains travaillent à une alternative tout en respectant l’objectif. C’est pour cela que je pense qu’il est tout à fait possible d’associer d’une manière ou d’une autre les citoyens, mais pas forcément via un comité de suivi."

Seul le PTB a rejoint la motion déposée par le CDH. "La majorité wallonne PS-MR-Ecolo a jugé inutile que Revolht soit associé au suivi de la contre-expertise commanditée par le ministre Borsus", déclare François Desquesnes. "L’association a pourtant largement démontré sa connaissance du terrain et sa capacité à s’entourer de personnes compétentes."