Hainaut

Les Brainois ont récemment reçu un courrier d’Infrabel les informant que des travaux seront effectués au passage à niveau du chemin de Naast du mois d’avril au mois de juin. Et que le passage à niveau du chemin du Baudriquin serait définitivement fermé à partir du 21 avril.

Le hic ? Ces chemins sont déjà empruntés par des parcours de déviation alors que la rue d’Ecaussinnes est toujours en chantier et que les travaux du pont de la rue des Frères Dulait ne sont pas terminés.

Une plaie pour le collège communal qui espérait qu’Infrabel ne lance pas son chantier chemin de Naast tant que les travaux n’étaient pas terminés à la rue des Frères Dulait.

"Infrabel s’est lancé au niveau national dans une grande campagne de fermeture définitive des passages à niveau jugés trop dangereux", explique le bourgmestre Maxime Daye. "Ce qui explique la suppression du passage 59 au Chemin du Baudriquin. Il y a pourtant une forte mobilisation des riverains, notamment des agriculteurs. Et le collège avait émis un avis négatif sur la suppression, car ce passage est nécessaire."

Coordination

Mais difficile de faire plier Infrabel, notamment en ce qui concerne le chemin de Naast… "Nous avons demandé à Infrabel d’attendre la fin du chantier du pont à la rue des Frères Dulait, mais Infrabel ne peut reporter les travaux du chemin de Naast", poursuit Maxime Daye. "En effet, la circulation des trains va être arrêtée le week-end de Pentecôte pour les besoins des travaux. Cela a été décidé longtemps à l’avance et ne peut pas être postposé."

D’ailleurs, pour Infrabel, ces chantiers simultanés ne devraient pas poser problème puisqu’il reste la rue d’Ecaussinnes pour assurer le trafic routier. Mais cette rue est fermée depuis 15 mois pour cause de… travaux.

"On pourrait croire qu’il n’y a pas de coordination entre les chantiers, mais il y en a", assure Maxime Daye. "Nous aurons encore une réunion avec Infrabel prochainement. Une solution, en plus d’une déviation par Ecaussinnes, sera d’accélérer le chantier de la rue des Frères Dulait pour qu’il se termine le plus rapidement possible."

"Déjà comme ça, pour aller en ville, ce n’est pas de la tarte…"

Avec l’annonce de nouveaux chantiers, certains riverains craignent le pire.

Parmi les riverains du chemin de Naast, l’annonce des nouveaux chantiers venant s’ajouter aux travaux en cours fait craindre le pire.

A la Ferme des Nauves, où les agriculteurs vendent leurs produits sur place, ce n’était déjà pas la joie. "Au magasin, nous faisons la moitié de notre chiffre d’affaires depuis qu’il y a les travaux à la rue d’Ecaussinnes et au pont des Frères Dulait", indique Martine De Dobbeleer. "De moins en moins de gens prennent la peine de venir jusqu’ici. Ils préfèrent la facilité. Si le passage à niveau est fermé au chemin de Naast, la situation risque d’empirer. A se demander si je ne devrais pas fermer le magasin pour deux mois. Il faut bien que des travaux se fassent. Mais pas tous en même temps."

Les agriculteurs sont inquiets

La fermeture du passage à niveau 59, au Chemin du Baudriquin, n’offre guère de perspectives plus réjouissantes. "Pour nous agriculteurs, ce sera une catastrophe", poursuit Martine De Dobbeleer. "Nous risquons de ne plus pouvoir nous rendre dans les champs. La seule alternative sera un petit chemin avec un angle droit. Je ne vois pas comment les tracteurs pourront passer par là. Je pense qu’une réunion est encore prévue avec Infrabel. J’espère qu’ils reviendront sur la décision de fermer le passage à niveau."

Plus loin sur le Chemin de Naast, l’annonce de nouveaux chantiers est prise avec philosophie. "Si on ferme le passage à niveau ici et qu’une déviation est mise en place par Ecaussinnes, ça nous fera moins de trafic", prédit une riveraine. "Parce que jusqu’à maintenant, c’est notre rue qui servait pour la déviation. Nous avons eu de tout, y compris des camions qui bloquaient parfois des bus."

Mais tout le monde ne voit pas le bon côté des choses. "Moins de trafic ici, mais nous, comment ferons-nous pour rejoindre Soignies ? Nous allons devoir faire un détour de malade", relève un voisin. "Déjà comme ça, pour aller en ville, ce n’est pas de la tarte."