Hainaut

Un investissement de 44 millions pour des bâtiments scolaires partagés.


Des profs qui donnent cours aux élèves de l’école d’en face ou dans les classes de l’établissement d’à côté : l’impensable va bientôt prendre forme à Charleroi, où trois opérateurs d’enseignement technique ont décidé de mutualiser leurs moyens humains et matériels pour gagner en efficacité. Et dégager des économies d’échelle.

Cinq ans après l’accord de financement du projet, la Cité des métiers va commencer à se construire. "Les permis sont finalisés, les marchés publics seront lancés à court terme" , confirme le président de l’ASBL Philippe Charlier. L’investissement immobilier s’élève à 44 millions d’euros, une enveloppe fermée dont il est impossible de sortir. La convention de partenariat et de cession des droits d’usage de leurs bâtiments mutualisés a été signée en 2014 par la Province du Hainaut, les Aumôniers du travail et la Fédération Wallonie- Bruxelles pour une durée de 30 ans. Place à présent à la concrétisation immobilière.

"La programmation s’étend sur 55 000 mètres carrés de classes et d’ateliers, dont 45 000 dans le bâtiment Rouiller sur le site de l’UT et 10 000 aux Aumôniers où sera aménagé le premier pôle d’enseignement partagé - le pôle soudure - ouvert sur le site de Ville 2" , indique le président.

Commun aux trois réseaux, cet outil de formation servira de modèle à une nouvelle façon de collaborer, dans le respect du statut des enseignants et du choix d’établissement des élèves. "Les directions et chefs d’ateliers ont commencé à préparer le terrain de ce rapprochement inédit en Wallonie-Bruxelles" , poursuit Philippe Charlier. L’objectif est d’avancer pôle par pôle. Le pôle soudure sera opérationnel au plus tard pour la rentrée 2020.

Si l’intercommunale Igretec intervient comme bureau d’études, elle a aussi été chargée de la maîtrise d’ouvrage.

La Cité des métiers de Charleroi bénéficie depuis 2013 d’une reconnaissance internationale : à ce titre, elle a obtenu l’aval du jury pour son label projet et doit le prolonger cette année. À terme, la fréquentation espérée est de 3 000 étudiants, pour 800 profs, formateurs, accompagnateurs et conseillers.

Le guichet unique d’orientation, information et conseil sur les métiers et filières de formation accueillerait quant à lui 150 000 usagers chaque année.

Près de 4 300 personnes touchées par les activités en 2018.

La Cité des métiers de Charleroi, c’est, au-delà de son propre projet immobilier, une PME qui tourne. Elle organise chaque année plusieurs dizaines d’ateliers et d’animations. Elle reçoit pour cela un subside annuel de 500 000 euros, ce qui lui permet de couvrir le coût salarial de cinq des sept membres de son équipe, deux étant "détachés" par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

En 2018, 4 276 personnes ont bénéficié de ses services : 3 671 élèves et 605 demandeurs d’emploi. Parmi les activités, plusieurs produits ont été conçus pour accrocher les jeunes : visites d’entreprises, exploration de chantiers, découverte des métiers et des technologies avancées lors de stages d’immersion. Si l’animation le Monde enchantier a connu une fréquentation de 251 participants en baisse par rapport à 2017 (NDLR : une tendance qui devrait s’inverser cette année avec l’ouverture des travaux de rénovation de la Ville haute), les visites d’entreprises ont vu passer 457 jeunes.

L’an passé , une nouvelle animation Vraie vie, vrais défis a été lancée pour l’enseignement secondaire et les demandeurs d’emploi. Elle consiste à s’immerger dans des métiers en conditions réelles : 1 259 jeunes et adultes y ont pris part. Au-delà de l’accueil de publics cibles et d’opérations de sensibilisation, la CDM a développé des outils de communication comme la videobox, qui centralise des clips dédiés à diverses professions : elle a enregistré 6 670 téléchargements (+28 %) pour 886 capsules disponibles. La nouvelle appli de réalité virtuelle Hobo a été testée sur une centaine de personnes.

Sur les réseaux sociaux, la Cité des métiers dénombre 3 520 abonnés Facebook, 901 followers sur Twitter et 65 sur Instagram. Son site web a enregistré plus de 6 300 sessions (+5 %), pour 4.500 activités (+11 %) et un peu moins de 19 000 pages consultées (+10 %).

Quant au salon Plus tard je serai, organisé en partenariat avec les universités et hautes écoles, il a touché 526 étudiants du secondaire supérieur de la région de Charleroi.