Hainaut La députée Latifa Gahouchi recycle les bâches d’affichage électoral en sacs originaux.

Un cabas "Paul Magnette" pour aller faire ses courses, un sac de plage "Nicolas Tzanetatos" ou une besace "olivier" associant des candidats Ecolo, CDH et PS : c’est ce que l’on pourrait bientôt voir sur les bords de la Sambre.

Le projet est porté par la députée Latifa Gahouchi, réélue sur la liste régionale du PS. "En 2017 où je traversais une période difficile de ma vie, j’étais à la recherche d’un loisir créatif pour me faire du bien au moral. Sur les réseaux sociaux, j’ai été intriguée par une activité de couture thérapeutique organisée à Jumet. C’étaient des ateliers hebdomadaires d’apprentissage de la couture : je suis allée voir par curiosité. Et je me suis inscrite." Chaque semaine pendant un an, la députée s’initie avec quatre autres femmes aux techniques de la confection. Elles apprennent à manier une machine, à créer des vêtements et des accessoires, à travailler différentes matières comme le tissu ou le cuir.

C’est après la campagne d’octobre pour les élections communales que Latifa Gahouchi a l’idée de récupérer les bâches d’affichage pour les transformer en sacs. "Je venais de réaliser un sac à langer en textile pour ma petite-fille. J’ai pensé au recyclage des matériaux et je me suis lancée dans la création d’un premier cabas. Il a fait son effet", confie la députée. Une collègue liégeoise du parlement wallon est tombée sous le charme. "Je lui ai offert les trois modèles originaux que j’avais confectionnés à partir de mon propre matériel de campagne." Car l’intérêt de la démarche est de faire un geste pour l’environnement.

Du fait qu’il est impossible de découper exactement les bâches de la même manière, chaque sac devient unique. On peut assembler des éléments de plusieurs candidats ou de plusieurs partis, coudre des lanières de différentes couleurs, surpiquer les rebords pour les consolider, ce qui diversifie les usages. Dans une bâche, Latifa Gahouchi réalise deux cabas.

C’est dire le potentiel qu’offre l’après-scrutin où des centaines de bâches vont être décrochées de leur support par les propriétaires. D’où le projet de la députée PS d’organiser des ateliers de cabas-thérapie, voire de réfléchir au lancement d’une activité de recyclage dans le giron de l’économie sociale.


Un éco-projet porteur de valeurs et d’emploi

Latifa Gahouchi lance un appel aux candidats aux scrutins du 26 mai : s’ils ne savent pas quoi faire de leurs bâches d’affichage, qu’ils viennent les lui déposer. "Elles seront recyclées en sacs, pour autant qu’il ne s’agisse pas de partis d’extrême droite." Autrement dit PS, Ecolo, CDH, PTB, MR et Défi sont les bienvenus avec leur matériel électoral déclassé. L’équipe de la députée en a déjà récupéré pas mal : il y a de quoi alimenter un atelier créatif, projet qu’elle porte à court terme. Chaque semaine, des passionnées seraient invitées à s’initier au recyclage des bâches en réalisant des modèles de sacs de leur choix, multi-usage. Il faut compter entre une et deux heures pour en confectionner un.

D’où le projet plus ambitieux encore de réfléchir au lancement d’une activité d’économie sociale qui pourrait déboucher sur de la création d’emplois. "Même si cela ne permet que de (re)mettre une personne au travail, la partie est gagnée", observe-t-elle. Les bâches publicitaires sont partout autour de nous : banderoles, calicots promotionnels, des milliers d’annonceurs y recourent pour faire connaître leurs activités ou communiquer sur leurs événements. Le leader du secteur de la fabrication est carolo, c’est l’entreprise Vedi, sur le site de l’aéropôle. Les bâches existent sur différents supports de qualité variable, certains peuvent résister plusieurs années aux intempéries et au soleil. "Leur redonner une seconde vie serait un service rendu à la planète", lance-t-elle. Chiche ?