Nicolas Kramvoussanos a démissionné. Il siégera en tant qu’indépendant.

Ils ont l’air souriants, comme ça, sur les photos, mais en fait rien ne va plus au sein de la section locale du parti Défi. Nicolas Kramvoussanos, l’un des deux conseillers communaux élus aux dernières élections, a claqué la porte du parti jeudi. 

Celui qui était jusqu’à peu président de la section locale explique qu’il "était temps de s’en aller". Et il emmène avec lui Michel Momigny, secrétaire, Dimitri Marit, vice-président et Carole Mertens, membre du bureau, ainsi que 24 militants de la section. "Je siégerai désormais en tant qu’indépendant, je n’abandonne pas mes électeurs, d’ailleurs on s’inscrira prochainement dans un nouveau projet politique", promet le conseiller.

En fait, tout a commencé à mal tourner quand Olivier Maingain a quitté la présidence du parti. L’homme fort de Défi avait porté l’ensemble de la campagne des communales, mais quand la place a été remise en jeu puis confiée à François De Smet, les choses ont changé... parce qu’il a fallu réélire les instances, y compris celles de la section locale de Charleroi. 

Nicolas Kramvoussanos, président, convoque alors une assemblée générale pour cette élection interne. "Et Jean-Noël Gillard (ex-tête de liste et second conseiller communal, NdlR) et Igrid Colicis (ex-échevine socialiste, NdlR), ont déposé plainte auprès du parti, soi-disant parce qu’on ne suivait pas les statuts. Et on n’a pas du tout été suivi par Bruxelles. D’ailleurs, tout le parti est trop bruxellois. L’échec de Défi en Wallonie fait que toutes les décisions sont prises à Bruxelles, par des Bruxellois, et les Wallons n’ont pas leur mot à dire. C’en était trop, je ne pouvais plus rester, je ne pouvais plus m’épanouir chez Défi" , explique le démissionnaire.

De l’autre côté des accusations, Jean-Noël Gillard. Il n’est absolument pas du même avis que son ancien collistier. "Il n’appréciait pas que d’autres soient candidats pour la présidence, notamment Ingrid Colicis. Il a refusé de débattre avec elle, il l’a pris comme un affront. Et quand on a obtenu du parti l’annulation de l’assemblée générale qu’il avait convoquée, il a claqué la porte. Il faut dire que ça n’allait pas, l’organisation de cette AG : si on veut se mettre soi-même au pouvoir, on n’aurait pas pu faire mieux. Bref, je lui souhaite bon vent, mais pour moi ce sont des raisons personnelles, et pas politiques, qui le font partir. On n’acte pas sa décision de gaîté de cœur, mais on s’en remettra, et ça n’empêchera pas de bosser nos dossiers carolos."

Deux hommes politiques, deux versions. Et Ingrid Colicis dans tout ça ? Elle sera peut-être élue présidente de la section locale. Réponse à la prochaine assemblée générale du parti.