La Ville de Charleroi a défini un plan d’actions pour 2019-2024 : présentation.

Manger mieux, ce n’est pas seulement promouvoir une alimentation de qualité, c’est aussi veiller à mettre en place un système d’approvisionnement durable, à la fois solidaire, respectueux de l’environnement, créateur de richesses et attentif à la santé. C’est le projet auquel l’échevine de la Santé Françoise Daspremont (PS) a travaillé avec ses services en collaboration avec une quinzaine d’organismes de terrain. "Le Plan alimentation santé environnement de Charleroi (PASEC) a été défini, nous venons d’en adopter la trame et les objectifs en collège communal, indique-t-elle. La démarche s’inscrit dans la continuité, et la complémentarité, des projets citoyens et associatifs comme le réseau de jardins partagés de quartiers dynamiques Jaquady, la ceinture alimentaire ou le projet ville fertile, ou encore le supermarché participatif et coopératif Coopeco."

Association de compétences

L’approche est transversale : elle associe des compétences comme le budget, l’aménagement urbain, la nature en ville, l’enseignement, la formation, l’emploi et l’économie sociale, la santé, la petite enfance, le commerce, les sports, les marchés ou même la culture ou le patrimoine. Le plan repose sur quatre piliers : économique d’abord avec un taux d’emploi des 15-64 ans nettement inférieur à la moyenne wallonne, et un niveau de chômage presque deux fois plus élevé (18,7 % contre 10,6 %). Une main-d’œuvre est donc potentiellement disponible pour suivre des formations liées aux métiers verts. Des enjeux concrets ont été identifiés, comme la mise à disposition de terrains publics non utilisés à des fins agricoles ou d’économie sociale. Le deuxième pilier est social : le Pasec veut stimuler la mise en réseau de tous les acteurs pour démocratiser l’accès à une offre solidaire et durable. Parmi ses mesures phares, le plan préconise un soutien aux initiatives locales (potagers collectifs, troc, dons, restaurants sociaux). Les indices de santé sont mauvais à Charleroi : il est primordial d’y promouvoir l’éducation alimentaire et la qualité des repas préparés dans les cuisines de collectivité, c’est le troisième pilier du plan. Enfin, bien entendu, la dimension environnementale constitue le quatrième enjeu : cela passe par la promotion d’une agriculture urbaine durable, respectueuse du cadre de vie.

Comment nourrir autrement ?

Favoriser les initiatives citoyennes, la saisonnalité et la proximité. Une cinquantaine d’actions vont donner des concours concrets au Plan alimentation santé environnement de Charleroi (Pasec) : elles se structurent autour de cinq axes d’enjeux. "Certaines de ces actions figuraient dans le projet de ville, d’autres ont émergé lors des réunions de travail. Quelques-unes émanent d’opérateurs privés ou associatifs, comme l’élaboration d’un cadastre des initiatives d’alimentation durable, ou l’organisation de formations à l’attention de différents acteurs comme le personnel de cuisine des crèches et des maisons de repos, le personnel et les bénévoles des épiceries sociales, voire les étudiants de sections hôtelières…", note l’échevine. En pratique, des décisions concrètes ont déjà été prises : le CPAS par exemple s’est inscrit dans le "Green deal cantines durables" lancé par la Wallonie.

De manière générale, l’adhésion au Pasec impose de revoir à la hausse la plupart des exigences : à ce propos, l’échevine Daspremont ne cache pas son intention de modifier les critères d’attribution du label Plat Net Santé aux établissements Horeca de l’entité. De même, l’organisation de la collecte des invendus alimentaires a été revue, afin d’améliorer la composition des colis distribués aux familles démunies. Un conseil consultatif de la politique alimentaire va être mis en place : en étroite collaboration avec la Ville, il sera chargé de suivre l’évolution des actions définies dans le plan comme le renforcement de la mixité sociale au sein des initiatives citoyennes.