Les pièges et le poison n'ont pas porté leurs fruits. 

Les riverains de la rue des Produits, à Flénu, n’en peuvent plus. Depuis pratiquement un an, ils vivent un véritable enfer à cause d’un voisin qui nourrit des rats. Ils sont désormais des centaines à grouiller dans le quartier et à s’inviter dans les habitations de citoyens à bout de nerfs et démunis face à la situation.

"Le voisin dont on parle tente visiblement de les apprivoiser. Il les appelle au sifflet et leur donne de la nourriture chaque jour", explique Antonio Faedda. "Il se montre particulièrement agressif et se permet d’enlever tous les pièges que nous installons dans nos jardins. Nous n’avons plus le choix : tout comme un voisin, nous les tuons à la carabine à plomb."


Si dans un premier temps, la situation n’était pas alarmante, ce sont aujourd’hui plus de 200 rats qui ont investi les lieux. "Nous n’osons même plus sortir de chez nous. Notre fille ne peut plus aller jouer dehors et nous n’avons pas d’autre choix que de garder nos animaux enfermés. Les jardins sont laissés à l’abandon. Personnellement, je n’ose plus me rendre dans mon abri de jardin. Plusieurs énormes rats y ont élu domicile."

Et Antonio Faedda n’est pas le seul concerné. "Chez ma voisine, ils sont une cinquantaine à se regrouper dans sa cour chaque soir. Il faut le voir pour le croire mais honnêtement, c’est l’horreur. Au-delà de l’odeur insoutenable aux alentours de nos habitations, ils sont agressifs et provoquent des dégâts importants. Chez nous, ils sont rentrés dans la salle de bain. J’ai dû casser des plaques de PVC pour pouvoir en venir à bout."

Les riverains expliquent encore que l’agent de quartier est tout aussi démuni face à la situation. "À chaque intervention, il est menacé par le voisin. La discussion est impossible et il ne laisse entrer personne chez lui. Nous avons l’impression d’avoir déjà tout tenté. La société de dératisation à laquelle nous avions fait appel n’a pas trouvé de solution : les 10 kilos de poison que nous avions déversés dans nos jardins ont été mangés. Mais les rats sont toujours bien vivants !"

Contacté, le bourgmestre de Mons, Nicolas Martin (PS), est au courant du dossier mais ne disposait visiblement pas de toutes les informations. "Je sais que mon cabinet gère le dossier. Je ne savais pas que les rats étaient volontairement nourris par un citoyen. Si c’est bien le cas, c'est très inquiétant. Nous ne pouvons le tolérer, il s’agit d’un problème de salubrité publique." Le maïeur s’est engagé à prendre le problème à bras-le-corps. "Je vais faire le point complet sur la situation et en discuter au collège de police cette semaine. Nous allons trouver une solution."