En Belgique, le folklore est de plus en plus pointé du doigt avec la pratique du Blackface.

Il y a quelques jours, une vidéo informative apparaissait sur les réseaux sociaux pour dénoncer cette coutume. En images d’illustration, on pouvait apercevoir : le Père Fouettard, les noirauds de Bruxelles et le sauvage d’Ath !

À quelques mois de la ducasse, on est en droit de se demander si un jour le sauvage pourrait-il être amené à être transformé ou à disparaître face à ces pressions.

"La richesse de la ducasse, c’est qu’elle évolue", explique Laurent Dubuisson, directeur de la maison des géants. "Dans l’histoire du cortège, il y a toujours eu des éléments qui ont été ajoutés ou supprimés en fonction de l’époque dans laquelle il évoluait. Si un jour, le sauvage serait amené à disparaître, c’est que les Athois auront estimé qu’il n’est plus en phase avec son époque."

Si une telle décision devait être prise, ce serait après les discussions et les avis des organisateurs, des membres du groupe du sauvage et des citoyens. Mais qu’on se rassure ce n’est pas du tout dans les projets actuels ou futurs !

Le sauvage a l’intention de rester là encore longtemps, car il plaît et fait partie des figures emblématiques de la ducasse.

Apparu au milieu du XIXe siècle, le personnage symbolisait la colonisation. Mais pour les Athois d’aujourd’hui, le sauvage a une tout autre signification. "Les Athois ont beaucoup d’affection pour lui. C’est un personnage de leur enfance qui interagit avec eux."

Si certains militants et groupes de pression pensent que le sauvage est un personnage raciste, ce n’est pas du tout ce que ressentent les amoureux de la ducasse.

"Les Athois n’ont pas du tout l’impression de se moquer de la couleur de sa peau, ils vivent juste leur fête et retrouvent le personnage de leur enfance qui leur a fait peur quand ils étaient petits. Ils aiment le show et le côté spectaculaire que propose le sauvage", souligne le directeur de la maison des géants.

"Je peux comprendre qu’une personne extérieure qui ne connaisse pas la ducasse, puisse être interpellée par ce qu’elle voit. À ce moment-là, il faut lui expliquer le pourquoi du comment et surtout bien lui faire comprendre qu’aujourd’hui, le sauvage n’a plus la même signification que lorsqu’on l’a créé."

Aucune plainte n’a encore été déposée à ce sujet, mais la maison des géants reste attentive à ce débat.

"La ducasse reste avant tout un moment convivial et de partage", conclut Laurent Dubuisson.