Elles sont originaires de Tournai, Ath, Mouscron ou encore Silly. Elles sont coach, directrice de maison de repos, architecte, notaire ou encore avocate. Et elles ont deux points communs : ce sont elles qui tiennent les rênes de leur entreprise, et elles ont rallié l’antenne de Wallonie picarde de l’association des "Femmes chefs d’entreprise" (FCE), lancée en mars. Elles insistent : elles ne sont pas féministes. Le but premier de l’association est avant tout économique, pour donner davantage de visibilité aux femmes dans les entreprises. "60 % des femmes sortent des universités et on se demande où elles passent. Il y a un réel manque de visibilité, alors qu’il y a un vivier important dans les entreprises", note Véronique Gribomont.

Autre chiffre, tout aussi éloquent : dans le conseil d’administration de la chambre du commerce, seules deux femmes sont présentes sur 36 administrateurs. "Notre objectif est de donner confiance aux jeunes femmes qui veulent entreprendre, leur dire que c’est possible de concilier vie de femme et vie professionnelle", précise Régine Desreumaux, la déléguée régionale chargée de la formation de la délégation. "Et de les aider aussi dans les démarches de création d’entreprise."

La solidarité est une notion essentielle à ce groupement, fondé en 1949 en Belgique. "Seules, elles sont invisibles. Ensemble, elles sont invincibles", note Virginie Delzenne, la marraine du groupe. Mais le manque de visibilité des femmes dans le monde entrepreneurial complique justement la mise en place d’un état des lieux sur la Wallonie picarde, une tâche à laquelle le groupe voudrait s’atteler. Selon elles, la femme a une autre approche de la gestion d’entreprise, plus pragmatique, sans vouloir forcément rechercher le pouvoir, ce qui explique leur manque de reconnaissance. Les membres de l’association se réunissent une fois par mois et nourrissent aussi des projets de plus grande envergure, toujours dans le souci de rendre la visibilité à ces femmes qui évoluent dans un monde encore très masculin.