L'opération comprendra d'une part l'évacuation des déchets vers un centre de traitement en Flandres, où ils seront fractionnés de manière à être revalorisés, et d'autre part une dépollution du sol.

Pas moins de 3.000 tonnes de déchets seront évacuées, chaque jour ouvrable, un processus qui prendra plusieurs mois. Outre un stockage dépassant le permis octroyé, la SPRL Omica est aussi poursuivie pour le transport illicite de certains de ses déchets vers la France. Une procédure judiciaire est en cours.

En février 2017, le collège communal de la Ville de Tournai octroyait à la SPRL Omica Groups, implantée à la chaussée de Douai à Tournai, un permis unique afin d'exploiter une installation de regroupement, de prétraitement, de valorisation et de recyclage de résidus non dangereux provenant du broyage, hors site, de ferrailles et de véhicules hors d'usage.

En novembre 2018, Paul-Olivier Delannois (PS), bourgmestre de Tournai, prenait une première ordonnance en vertu du Code de l'environnement. Cette ordonnance était fondée sur deux infractions environnementales, d'abord un stockage de matière à l'extérieur alors que le permis unique de l'entreprise l'interdisait, ensuite un surstockage à l'intérieur.

Au moment de l'adoption de l'ordonnance, 13.000 tonnes de déchets non traités étaient stockés alors que la quantité maximale pouvant être stockée, toutes catégories confondues, était de 2.400 tonnes. L'interdiction précisait que l'exploitant ne pouvait accueillir tout nouveau déchet sur son jusqu'à nouvel ordre.

En mars 2019, les deux infractions (stockage extérieur et surstockage) n'étant plus existantes, l'ordonnance était levée afin de permettre à l'entreprise de reprendre une activité normale.

Un rapport du SPW demandait, en janvier 2020, au bourgmestre une mesure de fermeture du site, de nouvelles infractions ayant été constatées (surstockage et autres infractions).

Une nouvelle ordonnance du bourgmestre ordonnait, en février 2020, la fermeture totale du site et ordonnait l'évacuation des déchets conformément aux règles environnementales.

En juillet dernier, bien que l'entreprise soit toujours sous scellés, divers incendies se sont déclarés dans le bâtiment d'Omica, en raison d'une auto-combustion des déchets entreposés. À chaque fois, les pompiers ont pu maîtriser le feu mais une réelle menace de ré-embrasement demeure, avec un risque direct pour la santé de la population locale et la vie des pompiers.

A ce jour, ce sont 35.700 tonnes de déchets qui sont stockés sur ce site.