Quatre autre cas sont en traitement. Les services concernés sont fermés.

Elle s’appelle acinetobacter baumanii et est particulièrement résistante. Elle, c’est la bactérie découverte au sein de l’hôpital EpiCURA à Hornu et ayant conduit l’équipe de direction à prendre de nombreuses mesures de sécurité pour éviter sa propagation. Si c’est la première fois que la bactérie touche l’un des sites du groupe EpiCURA, elle est malheureusement déjà bien connue, notamment aux États-Unis où elle sévit régulièrement.

Deux personnes sont déjà décédées, dont la personne qui était porteuse et qui avait été transférée depuis un autre hôpital. Quatre autres cas sont actuellement en traitement. " La bactérie est environnementale et dite opportuniste. Elle touche des patients immunodéprimés et donc déjà très faibles" , explique Sammy Place, infectiologue.  "Elle ne présente aucun danger pour les personnes qui sont en bonne santé ou pour le personnel qui entrent en contact avec les personnes porteuses ou atteintes."

Pour autant, aucun risque n’est pris. Les services de pneumologie et de soins intensifs sont désormais fermés. Seuls les patients qui y séjournaient déjà avant que l’épidémie ne se déclare y sont encore traités. " Nous avons pris de mesures d’isolement et de dépistage, avec notamment des frottis multiples réalisés de façon régulière. Les patients sont traités par des antibiotiques multiples et à large spectre mais nous savons que le germe est résistant."

Situation sous contrôle

En plus de la fermeture des services concernés et des mesures d’isolement déjà prises, les visites aux patients sont limitées. "Nous avons également procédé au dépistage des patients qui ont pu être en contact avec les personnes porteuses à un moment donné. Nous avons également pris la décision de dédier une équipe de soins à ces patients afin qu’elle ne soit pas en contact avec d’autres patients, et donc de renforcer les équipes ailleurs."

Aujourd’hui, la situation est sous contrôle, dans le sens où la bactérie a été identifiée et que les mesures nécessaires ont été prises. Mais impossible de dire combien de temps l’épidémie sévira.  "Il faut être extrêmement prudent lorsque l’on parle de fin d’épidémie. Si nous n’avons pas de nouveaux patients durant plusieurs mois, nous pourrons souffler. Nous n’en sommes pas là, l’épidémie est toujours bien réelle."

À l’heure d’écrire ces lignes, tout est donc fait pour limiter la propagation. L’état de santé des quatre patients traités semble s’améliorer mais rien n’est joué. Des contacts ont déjà été pris avec l’hôpital militaire et en cas de besoin, la Belgique pourrait se tourner vers les États-Unis, où de nouveaux traitements sont disponibles, sans pour autant être facilement accessibles. De nombreuses autorisations devraient être délivrées le cas échéant.