Le projet est loin de faire l’unanimité. La présentation des aménagements de la place Albert Ier, qui n’est intervenue pour les commerçants que le 13 novembre dernier, n’est pas sans fâcher les infortunés des Colonnades, dans le centre-ville de Charleroi. Quelle ne fût pas leur surprise d’apprendre, dans la presse, leur expropriation au nom d’une extension de parking convenue entre le promoteur et la ville.

"Le pire, c’est que seuls les commerçants ont été conviés à l’Hôtel de ville. Pas les propriétaires", explique Pierre Jehaes qui, pour sa part, assume les deux rôles dans son magasin d’optique.

Mais outre les manières inélégantes de la ville, la démolition des Colonnades révolte à plus d’un titre.

"Je pense aux commerçants qui ne retrouveront plus jamais un espace aussi bien situé. Je pense au propriétaire du Mc Donald’s qui a acheté son bâtiment il y a à peine six mois. A tous les employés qui risquent de perdre leur boulot (au bas mot 60 personnes). A mon propre fils, qui devait reprendre ma société. A ma retraite, qui s’en trouve compromise."

M. Jehaes s’interroge sur la possibilité d’abattre les Colonnades, réalisées par l’auteur de l’Hôtel de ville dans la continuité de l’ancienne poste et placées en zone de protection.

"L’arrêté royal à ce sujet est flou."

Par ailleurs, il existe à son sens d’autres alternatives pour le parking "qui pourrait tout à fait s’envisager en sous-terrain, malgré la nappe phréatique. Même à la côte belge, ils sont en effet capables de creuser leurs parkings", argumente encore l’opticien.

En tout cas, pour lui comme pour d’autres, exproprier, c’est non. Et il est prêt à mettre plusieurs avocats sur l’affaire.