C’est ce qu’on peut appeler un épandage manuel ! La Belgique a revêtu son manteau blanc, paralysant une nouvelle fois le pays. Les autorités communales étaient pourtant sur le pont, dans la nuit de ce dimanche à ce lundi, afin de saler les axes principaux. Dans la Cité des Loups, cet épandage s’est organisé d’une manière assez particulière. À tel point que plusieurs vidéos ont été diffusées sur les réseaux sociaux par des internautes tantôt interloqués, tantôt amusés.

"Il n’y a qu’à La Louvière que l’on peut voir ça !", voilà ce que certains en disent. Il faut écrire que les images, notamment enregistrées dans le centre-ville et au niveau de la Place Mattéotti, feraient passer Salt Bae pour un petit joueur : installé à l’arrière de la benne d’une camionnette communale, un ouvrier jette le sel sur la voirie, à la main, alors que le véhicule continue d’avancer à faible vitesse. Si le courageux travailleur est heureusement équipé de gants, la méthode pose question.

D’abord parce qu’une pelle n’aurait probablement pas été de refus, ensuite parce que les autorités communales, censées montrer l’exemple, manquent à leur devoir en matière de sécurité, et ce alors que les routes sont clairement glissantes. "Lorsque les circonstances sont exceptionnelles, tous les services sont mobilisés", concède Antonio Gava (PS), échevin en charge des travaux. "Il arrive en effet que dans ce genre de cas, le sel soit jeté directement à la main."

La ville dispose en réalité de quatre épandeuses. C’est évidement insuffisant lorsque les conditions climatiques sont celles d’aujourd’hui. "Une dizaine de camionnettes sont en route pour venir en renfort. Il s'avère que l'initiative a été prise par l'ouvrier lui-même. En temps normal, la camionnette s'arrête à un endroit précis, par exemple à proximité d'un carrefour, des seaux et des pelles sont utilisés. Nous tiendrons une réunion d'urgence ce lundi, à midi, avec la direction de l'infrastructure afin de revenir sur ces questions de sécurité. Il faudra trouver d'autres solutions pour efficace, tout en garantissant la sécurité de notre personnel."

Mobilisés depuis 4h30 ce lundi matin, les services peinent à entreprendre un épandage efficace. "Pour que le sel agisse, il faut du trafic et idéalement un léger redoux. Cela n’a pas été le cas, cette nuit, que du contraire. Les températures ont continué à baisser, ce qui a eu pour conséquence d’empirer la situation." Les circonstances sont donc plutôt exceptionnelles pour un pays comme la Belgique, visiblement toujours peu préparé à faire face.