Il n'existe aucune preuve que le conseiller MR Jean-Marc Lecocq, administrateur de la Régie communale autonome (RCA), ait commis un délit d'initié en revendant un bâtiment à l'une des filiales de la régie. Même s'il avait empoché au passage, en juin 2004, une coquette plus value. Par ailleurs, la vente à une filiale ne constitue pas légalement un conflit d'intérêt dans le chef d'un administrateur.

Ainsi conclut le rapport de la commission de développement territorial élargie, chargée d'enquêter sur cette affaire dévoilée fin janvier par l'Ecolo François Collette. Un rapport évoqué ce lundi en conseil, lors du vote des comptes de la RCA.

"Je me sens parfaitement blanchi", s'est réjoui Jean-Marc Lecocq.

Tous les chefs de groupe participaient à la commission et ont donc approuvé ses conclusions.

L'opposition émet toutefois des réserves. Selon l'Ecolo Jean-Pierre Viseur, "l'éthique politique ne se résume pas au simple respect de la loi." Un avis que partage le CDH. Mais pour sa chef de groupe, Savine Moucheron, l'affaire a au moins eu le mérite de révéler d'autres problèmes, comme l'opacité des comptes de certaines filiales de la régie.

Ces répliques ont eu le don d'énerver Elio Di Rupo. Le bourgmestre a accusé l'opposition de chercher à salir la ville. "Il s'est aussi dit étonné que personne ne présente d'excuses à M. Lecocq. Des excuses pour quoi ? Les faits révélés par François Collette étaient exacts !" ajoute Jean-Paul Viseur.

Jean-Marc Lecocq, lui, parle d'acharnement et de lynchage. "Je leur ai demandé si l'un d'eux aurait exigé de payer un bâtiment moins cher que le prix qu'on lui en offrait. Personne n'a bronché." Et de rappeler que la loi interdit aux conseillers de mener des affaires avec leur commune, mais pas de lui vendre une propriété. "Or, ce n'est même pas à la ville que je l'ai vendu ! L'argent de Mons. Rénovation (acheteur du fameux bâtiment, NdlR) vient essentiellement de Foruminvest, donc du privé."