À Jumet, le couvent, situé presque en bout de piste de l’aéroport, se transforme gentiment en un havre de paix dans lequel un groupe d’amoureux de la nature souhaite établir une ferme bio et y organiser des stages.

Au départ du projet, l’envie des huit religieuses d’offrir de l’espace à un groupe de citoyens pour y développer une activité pouvant profiter à tous. En effet, les bâtiments de 4 000 m² sont bien trop vastes pour les sœurs toutes âgées de plus de 80 ans. Si les conditions de vie sont rendues compliquées par les nombreux avions qui survolent la zone, l’endroit n’en reste pas moins intéressant pour ce projet de groupe.

Réhabiliter le site

L’une des responsables, Valérie Op de Beek, commente l’avancée du projet : "Jumet.bio est aujourd’hui à la moitié du chemin. Cela fait maintenant un an que nous travaillons et réfléchissons ensemble à tout ce que nous pourrions réaliser sur ce site prometteur. Aujourd’hui, il est temps d’animer notre grand projet de ferme urbaine solidaire et centrée sur le partage des savoirs."

Les avancées sont prudentes et la nécessité d’y impliquer les personnes qui le désirent est primordiale. Ce lundi avait lieu une présentation afin d’évoquer les avantages de se constituer en coopérative. Bien que la mise sur pied de la ferme bio soit le résultat d’une véritable concertation, d’échanges et de partages, un petit groupe nommé "Fil rouge" se réunit régulièrement pour baliser le chantier de la création de la structure.

Même si le projet n’est pas pleinement opérationnel, les partenaires se multiplient. Pour un atelier de compostage, Tibi met à disposition l’une de ses spécialistes et pour l’espace destiné à la permaculture, c’est Patrick Everaert (grand spécialiste) qui offre ses conseils.

Si le projet est de créer une ferme bio, l’ambition des bénévoles est également de réhabiliter le site. Le temps et le manque de moyens mettent à mal les infrastructures. Le groupe a donc comme objectif de lui redonner un second souffle. Il est par exemple question de refaire fonctionner la source située dans les caves ou encore de réaménager les nombreuses pièces en leur trouvant de nouvelles affectations. Plus largement, le projet est sans doute une nouvelle manière d’appréhender des zones trop bruyantes et désertées petit à petit de leurs habitants. Fini les habitations, place aux projets solidaires ne nécessitant pas d’y habiter forcément.