Enterrement de première classe pour l’extension du métro de Charleroi vers Châtelet ? Sous cette législature régionale en tout cas, le projet sent le sapin. Dans une réponse en commission Environnement, Aménagement du Territoire et Transport cette semaine, le ministre wallon de tutelle Carlo Di Antonio (CDH) a clairement redit que la Wallonie n’en avait pas la capacité financière.

"Les moyens ne figurent pas dans la trajectoire pluriannuelle de retour à l’équilibre du budget", a-t-il botté en touche. "En termes de mobilité, la mise en exploitation représente pourtant un enjeu majeur", selon le député MR Philippe Knaepen qui intervenait à ce propos. L’enjeu est d’abord environnemental. A Charleroi, la production de CO2 que représente le trafic automobile est près de deux fois supérieure à la moyenne européenne : une amélioration s’impose.

Ouverture annoncée pour 2020-2022

Défi urbanistique, ensuite. Le réseau ferré constitue en effet un axe structurant, autour duquel l’habitat peut être densifié. Il en va de même pour la ligne Est, d’autant que le Grand Hôpital de Charleroi (GHdC) est en construction sur le site des Viviers à Gilly où ses infrastructures modulaires offriront une capacité de mille lits et places de jour.

L’ouverture est annoncée pour 2020-2022. Il est donc primordial d’y développer une offre de transport performante. Estimation de coût : selon une étude de la société régionale wallonne des Transports (SRWT) et du Tec Charleroi, l’achèvement de la ligne représente un investissement de 44 millions, en ce compris le prolongement jusqu’au site du futur GHdC.

Une lourde facture

Si l’on y ajoute la rénovation de certains équipements et tronçons existants, la facture s’élève à 52,6 millions, indique Carlo Di Antonio. La bonne nouvelle, c’est que les charges d’exploitation seront moindres : elles ont été estimées à 2,8 millions par an, sur base d’une fréquence de 7 minutes 30 en heures de pointe et 10 minutes en heures creuses. Une somme dont il faut déduire l’économie sur le réseau des bus : rabattre plusieurs lignes sur le GHdC permettra en effet de réduire les dépenses annuelles de 700 000 euros.

Si le comité de développement stratégique de Charleroi Sud Hainaut s’est prononcé en faveur de l’extension du métro vers Châtelet, le conseil communal de Charleroi a voté une motion à l’unanimité : le gros œuvre est fini depuis 1992.

Pour Knaepen, "reporter ce projet, c’est se condamner à payer une note encore plus lourde en réparations d’équipement. Le GHdC sera prêt dans 5 ans. L’échéance impose d’avancer vite. Il faut lancer les premières études sous cette mandature !"