Y.P, qui officiait dans le Borinage, avait détourné plus de 450 000 €. Elle fera appel du jugement rendu ce mardi matin

C’est un dossier particulier et délicat qui s’est terminé ce mardi au tribunal correctionnel de Mons. Le jugement dans l’affaire de Y. P., huissier de justice dont l’étude est basée à Frameries, a été prononcé après une instruction d’un peu plus de trois ans. Y.P., une dame de plus de 60 ans, huissier de justice comptant une quarantaine d’années d’expérience, comparaissait notamment pour des faits de détournements d’argent. Il lui était reproché d’avoir détourné plus de 450 000 € à ses clients, un peu plus d’une centaine pour être exact.

Des faits jugés graves par le tribunal, notamment en raison de la profession de la prévenue. En outre, bien qu’Y.P. était en aveux pour certaines préventions, le tribunal a relevé que la prévenue méprisait la propriété d’autrui et que son comportement avait provoqué des conséquences désastreuses pour certaines parties lésées.

Absente lors du prononcé du jugement, Y.P. écope d’une peine de trois ans d’emprisonnement avec sursis de 5 ans pour la moitié pour le détournement de plusieurs centaines de milliers d’euros. Elle est en revanche acquittée des préventions d'abus de confiance et de faux et usage de faux dans un autre volet du dossier. Pour la défense, représentée par Me Nathan Radelet, "le jugement est sévère, notamment compte tenu de l’absence d’antécédents judiciaires. Nous avons décidé d’aller en appel."

Pour rappel, c’est en juin 2015 que l’affaire a "éclaté", suite à une demande de l’un des clients de l’huissier de justice. Y.P devait restituer une somme de près de 100 000 € à l’un de ses clients, un salon de coiffure. Mais elle était confrontée depuis plusieurs années à des soucis financiers, et les 100 000 € ont été utilisés pour faire face à des charges professionnelles, suite à "une mauvaise gestion financière de l’étude."

Coincée avec cette importante dette, la sexagénaire avait sollicité sa démission auprès de la chambre des huissiers de justice. Mais c’était sans compter une enquête qui avait dévoilé des faits de détournements, et de nombreux préjudiciés (plus d’une centaine, NdlR) dont certains ont été contraints de mettre la clef sous le paillasson, pris à la gorge financièrement.