La commune préfère anticiper une obligation du port du masque dès aujourd'hui.

La levée des mesures de confinement est doucement évoquée dans les hautes sphères politiques. Dans les communes en revanche, l’incertitude plane toujours. Faute de recommandations claires du fédéral à ce stade et afin de ne pas se retrouver en grande difficulté une fois le moment venu, la plupart ont décidé de prendre les devants et de munir leur population de masques de tissu. Jusqu’ici, ce sont surtout les communes rurales qui avaient confirmé leurs intentions.

Ce lundi, c’était au tour de Mons de se positionner. "Certaines communes ont souhaité communiquer rapidement, avant d’avoir désigné leurs fournisseurs ou sur base des initiatives citoyennes", précise le bourgmestre, Nicolas Martin (PS). "De notre côté, ce n’était pas envisageable : une distribution de masques à l’ensemble de la population requiert d’importants moyens logistiques. Nous ne pouvons pas nous contenter d'une production locale et bénévole. Nous voulions surtout avoir des garanties quant à la capacité de production."

Ce dimanche et ce lundi, les contacts se sont multipliés entre les autorités locales montoises, les communes voisines ou encore les zones de police de la région Mons-Borinage. "Nous avons décidé d’avancer de manière autonome à l’échelle de Mons, en concertation avec les communes voisines. Nous ne pouvons que regretter l’absence de coordination au niveau fédéral. La charge revient sur les épaules des communes, sans que cela ne soit assumé. Mais nous devions nous montrer proactifs."

Le port du masque sera plus que vraisemblablement rendu obligatoire dans un avenir proche. Il n’était pas donc question d’attendre. Les démarches sont désormais lancées pour obtenir le plus rapidement possible le matériel adéquat. "Nous avons fait le choix de masques de tissu réutilisables et lavables. Deux masques par citoyen devraient être distribués, selon des modalités qui restent à définir. Nous allons probablement quadriller le territoire sur base de listings, comme cela se fait pour l'organisation d'élections."

Ce colossal travail de distribution ne se fera cependant pas du jour au lendemain. La priorité devrait dès lors être donnée aux personnes âgées, plus fragiles et/ou isolées qui auraient des difficultés à s’en procurer par d’autres moyens. Au total, ce ne sont pas moins de 200 000 masques qui seront in fine offerts aux Montois… Pour un coût que la commune devra donc assumer seule.

"C’est un investissement que l’on estime entre 500 000 et 800 000 euros et que nous n’avions pas prévu. Nos recettes sont en chute, au contraire de nos dépenses. L’achat de masques vient s’ajouter à la facture globale du coût de cette crise sanitaire, déjà corsé. Mais il n’était pas question de faire autrement : la santé de nos citoyens passe avant les aspects financiers." Si l’impact de cette crise sanitaire est pour l’heure impossible à estimer, nul doute qu’elle laissera des traces à tous les niveaux…