Hainaut

La déconstruction des arches du Pont des Trous à Tournai a débuté vendredi matin à Tournai. 

Dès 6h00, les ouvriers de la société Wanty ont veillé à stabiliser la barge placée sous le pont, destinée à recueillir les pierres du pont. La première pierre est tombée à 9h10, alors qu'une centaine de Tournaisiens regardaient, parfois avec tristesse, le spectacle hors du périmètre de sécurité. Durant plus de deux heures, les ouvriers se sont chargés de stabiliser la barge placée sous le pont, laquelle sera chargée de recueillir les pierres du pont. Pierres qui seront ensuite envoyées à Vaulx pour un tri et ensuite à Andenne à la carrière de Gore où des tailleurs de pierres du SPW se chargeront de les nettoyer.

Une grue de plusieurs tonnes a été installée sur une barge sous l'arche centrale. A cet endroit, l'Escaut fait environ cinq mètres de profondeur. La profondeur est moindre sous les deux autres arches.

L'objectif est de recontruire les arches du pont dès le début de l'année 2020 pour terminer le chantier à la fin de l'année 2021. Un permis a été délivré et des fonds européens ont été consacrés à ce projet. Les tours médiévales ne seront pas démontées mais un entretien sera assuré. Les travaux auront lieu, au même moment, sur les quais de l'Escaut. Le but étant d'élargir la traversée de l'Escaut afin de permettre aux bateaux à gros tonnage de traverser le centre-ville. Il s'agit de la quatrième phase de ce chantier qui a fait couler beaucoup d'encre à Tournai.

Des sismographes ont été placés dans les deux tours médiévales, lesquelles seront nettoyées mais pas démolies, afin d'assurer leur stabilité.

Marghem au front

La ministre Marie Christine Marghem, Tournaisienne, était présente sur place. "Parce qu'un Tournaisien vit sa ville dans les joies et dans les peines, je suis au pied de notre Pont des Trous depuis le lever du jour pour voir comment des pisse-froid institutionnels s'attaquent à un monument classé sans procédure patrimoniale préalable, sous l'œil glauque de petits potentats locaux", a-t-elle sèchement indiqué sur son compte Facebook. La ministre regrette aussi qu'aucune pierre n'ait été numérotée et déplore le manque d'empathie envers la population.

Les arches de ce pont médiéval avaient été dynamitées par les Anglais au début de la Seconde guerre mondiale. Après la guerre, elles avaient été reconstruites et rehaussées pour s'adapter aux nouveaux types de bateau. Les tours datant du XIIIe et début du XVIe siècle sont d'origine et classées.