Sur le quai de l'ancienne gare de Leval, les derniers navetteurs viennent d'embarquer dans le train reliant Binche à Bruxelles après avoir attendu dans le froid de ce matin d'hiver. Certains se souviennent encore de l'attente à l'intérieur de la bâtisse mais depuis sa fermeture, les lieux ne constituent plus qu'un simple arrêt.

Depuis plus de cinq ans, l'ancienne gare de Leval a été mise en vente par la société des chemins de fer belges comme l'explique l'une de ses porte-parole: «C'est un procédé couramment utilisé par la SNCB afin de ne pas laisser ses bâtiments non utilisés à l'abandon.»

Plusieurs pistes ont déjà été évoquées pour la réaffectation de ce qui est devenu un véritable chancre, notamment d'y installer des logements sociaux. Mais pour le bourgmestre de Binche, André Navez, cette piste n'est pas la meilleure, surtout lorsque l'on évoque le confort des éventuels locataires: «Deux trains passent toutes les heures: habiter dans cet espace serait impossible, surtout pour des familles avec enfants.»

Une riveraine confirme cette réflexion. «Lors du passage de train, notre maison tremble!»

Square ou garages?

Selon elle, d'autres réflexions ont été menées autour de cette bâtisse. «Lors de l'achat de notre maison, le notaire nous a dit qu'il était question d'abattre l'ensemble pour réaliser un square. Mais cinq ans plus tard, on ne voit toujours rien.» Pour elle, transformer cette ancienne gare en habitation serait une folie financière. «Par contre, je pense que la réalisation de garages pourrait être possible et rentable...»

De son côté, la SNCB privilégie d'abord les contacts avec les communes, notamment pour garantir le suivi de sécurité après l'achat. «Car si le bâtiment n'est plus utilisé, les trains passent toujours en gare!»

Les particuliers peuvent également déposer une offre de prix auprès du comité d'acquisition de la SNCB pour devenir propriétaire de l'ancienne gare de Leval qui a été estimée, selon nos informations, à quelque 35000 euros. «Tout est possible: y faire une maison d'habitation ou pourquoi pas un restaurant», ajoute encore le porte-parole des chemins de fer belges.

© La Libre Belgique 2006