Bourgmestre et syndicats dénoncent la situation. Le fédéral appelé à prendre ses responsabilités.

L’état de la prison de Mons inquiète les autorités locales et les syndicats. Le bourgmestre Nicolas Martin a pris un arrêté pour limiter la population carcérale. Une mesure d’urgence pour soulager l’infrastructure et son personnel. Mais la vétusté des lieux et les problèmes sanitaires récurrents nécessitent d’autres actions.

"La situation est absolument catastrophique, fustige Nicolas Martin. Le personnel travaille dans des conditions déplorables. C’est une catastrophe aussi pour les détenus. La prison est toujours confrontée à une épidémie de punaises qui pourrait se répandre en dehors de ses murs avec des conséquences pour la salubrité publique. La vétusté des lieux, le manque d’investissements et les dégradations pourraient également favoriser des évasions, ce qui aurait des conséquences en matière de sécurité publique." Même son de cloche côté syndical. "Avec Forest, la prison de Mons est l’une des plus lamentables du pays, tranche Didier Breulheid, délégué permanent à la CSC. Le ministre de la Justice fait beaucoup d’annonces, mais rien ne se concrétise. C’est l’une des pires situations que nous avons connues à ce niveau-là."

On se souvient en effet que l’an dernier, le ministre Koen Geens était venu constater par lui-même l’état de la prison de Mons. Mais le démocrate-chrétien avait été froidement accueilli par les agents pénitentiaires qui avaient décidé de lui tourner le dos en agitant leurs trousseaux de clés. "Alors qu’on investit partout en Flandre, nous avons à Mons une prison qui n’a pratiquement pas bougé depuis 150 ans, poursuit Nicolas Martin. La seule solution, ce serait de construire une nouvelle infrastructure plus adaptée, à l’extérieur de la ville."

Mons, l’oubliée

Mais une solution montoise ne semble pas à l’ordre du jour. "L e ministre a un Masterplan qui prévoit la construction de plusieurs prisons. Mais la région de Mons n’y figure pas", pointe Didier Breulheid. Contactée, la direction générale des établissements pénitentiaires ne nous a pas autorisés à effectuer un reportage à la prison de Mons, ni répondu précisément à nos questions sur les investissements effectués et prévus. Le bourgmestre souhaite que l’État fédéral prenne ses responsabilités. "Il y a un désinvestissement important pour les prisons, les tribunaux et la police. Cela risque de nourrir le sentiment d’impunité et ça aura des conséquences négatives pour la population", conclut Nicolas Martin.