La maison de repos Dè Scaussène a reçu des masques... qui ne sont pas sûrs.

Le CPAS d'Ecaussinnes se sent délaissé. Et c'est peu dire. Après avoir poussé un premier coup de gueule il y a deux semaines à propos de la procédure liée aux tests de dépistage du Covid-19 dans les maisons de repos, la direction a décidé de remettre le couvert pour crier son ras-le-bol. "Certes, notre beau pays est celui du surréalisme. Certes aussi, notre pays aime beaucoup rire. Mais étrangement, depuis quelque temps, la blague n’est plus du tout drôle. C’est au contraire dramatique."

La direction, représentée par sa présidente Muriel Van Peeterssen, son DG Ricardo Cherenti ainsi que le directeur de la maison de repos Marc Jacobs, fait d'abord référence aux tests du personnel enfin effectués la semaine dernière. "L’ensemble de notre personnel a pu être testé le 15 avril dernier. Aujourd’hui, une semaine jour pour jour après, nous n’avons toujours pas les résultats. C’est extraordinaire, non ?"

Qui plus est, les résidents n'ont pas pu être testés. "Nous n’allions quand même pas en recevoir pour tous les résidents de notre MR-MRS", désespère la direction. "En effet, deux semaines plus tôt, nous avion reçu 5 tests pour les résidents (nous en avons 60). Trois résidents avaient été aussi testés à part, par leur médecin. Sur 8 résidents, nous en avions 7 positifs. Mais, pour les autorités, comme nous n’avions pas 10 cas positifs dans la MR-MRS, nous n’allions pas recevoir des tests pour l’ensemble des résidents (la logique à la belge ?)."

Des masques FFP2 non valables...

"Va-t-on se rendre compte qu’il nous faut de la cohérence pour pouvoir gérer cette crise ?", poursuivent les trois représentants de la maison de repos Dè Scaussène qui enchaînent sur la problématique des masques. "Nous avions alerté les autorités le 16 avril dernier car nous allions manquer de masques FFP2. Après beaucoup d’échanges avec le Gouvernement et avec l’Aviq, nous avons enfin reçu des masques en suffisance."

Mais une mauvaise nouvelle est tombée ce jeudi alors que ce nouveau lot a été entamé le week-end dernier. "Nous apprenons que ces masques ne sont pas sûrs. On nous demande de ne plus les utiliser. Ok mais nous n’en avons plus d’autres. Que fait-on ? Nous avons demandé à en recevoir des « valables » en grande urgence. Toujours pas de réponse."

"Ce qui est vraiment inquiétant, c’est qu’au moment où nous écrivons ces lignes, notre personnel, dans notre maison de repos, est dans les chambres de personnes porteuses du virus, certaines d’être protégées", déplore la direction. "Nous allons devoir leur annoncer qu’elles se sont exposées sans le savoir. Cette histoire n’est plus drôle du tout. C’est un scandale absolu et il n’y a pas de mots assez forts pour dire notre désarroi. Nous sommes outrés et en colère. Mais est-ce que cela tracasse encore quelqu’un ?"

Le message est en tout cas passé...