Hainaut Le chantier d’une annexe avance, mais l’intérieur du lavoir reste en suspens.

Faudra-t-il ajouter une nouvelle pièce au dossier des Grands Travaux inutiles ? Le député wallon Philippe Knaepen a interpellé le ministre du Patrimoine, Maxime Prévot, sur le lavoir de Péronnes-lez-Binche. Visiblement, ce dont on peut être sûr, c’est qu’on n’est sûr de rien.

Dans sa question orale, le député libéral rappelle que le lavoir, construit en 1954 avec l’argent du plan Marshall et fermé en 1969, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Lancée depuis un an, la construction d’une annexe destinée à abriter les archives des musées fédéraux est en bonne marche. Fin du chantier prévue pour juin 2016.

Une réponse évasive

Mais l’intérieur du lavoir, lui, reste en suspens. Quelle est la position du gouvernement wallon sur ce dossier ? Des crédits seront-ils enfin disponibles pour sa finalisation ? Des contacts ont-ils été repris par l’administration régionale concernée par l’occupation de la majeure partie du bâtiment ? Philippe Knaepen a bombardé le ministre wallon du Patrimoine mais ce dernier est resté pour le moins évasif dans sa réponse.

Maxime Prévost a indiqué que la SA de droit public Triage lavoir du Centre avait interpellé le gouvernement wallon quant à la concrétisation de sa décision de principe de mai 2009, laquelle prévoyait une rénovation de l’intérieur du lavoir pour y accueillir l’Institut du patrimoine wallon, l’Ifapme et des surfaces à louer pour des activités économiques. "Je vais maintenant être saisi du dossier pour la 1re fois", a indiqué Maxime Prévost. Traduction pour nos amis anglophones : wait and see.

Mais plus inquiétant, le ministre a ajouté qu’une solution devrait être trouvée "au regard de la réalité budgétaire". Or, la réalité budgétaire wallonne ne laisse pas entrevoir champagne et cotillons. Faut-il craindre dès lors que la cathédrale de béton continuera à prendre la poussière, malgré les 12 millions d’euros déjà dépensés pour rénover son enveloppe extérieure ?

A Binche, l’échevin Jérôme Urbain n’est pas rassuré (Mouvement réformateur). "Aujourd’hui, pas un euro n’est prévu pour l’intérieur du lavoir et on ne sait pas ce qu’on va y faire !", s’indigne le libéral. "En 2000, nous étions le seul parti à défendre sa destruction. On reprendrait la même décision si on revenait en arrière. Mais 12 millions d’euros plus tard, il faut à présent aller jusqu’au bout."

Trop tard pour faire marche arrière

Quant au bourgmestre de Binche, il attend que le gouvernement wallon emboîte le pas au fédéral, responsable du chantier en cours de l’annexe. "On voit dans les circulaires du budget wallon que le dossier du lavoir passe toujours à la trappe", souligne Laurent Devin. "Rappelons que le gouvernement wallon a voulu jouer dans la pièce pour installer l’Ifapme au lavoir. Maintenant, il doit aller jusqu’au bout. La région du Centre va de l’avant. Les citoyens ne pourraient pas comprendre qu’on s’arrête en cours de route."