Florine Pary-Mille œuvre à plusieurs niveaux contre les discriminations. Elle préside le comité d’avis "égalité des chances" entre hommes et femmes du Parlement de la Communauté française. "Nous examinons toutes les questions relatives à l’égalité et il faut dire qu’à la lecture des dernières statistiques, trop d’injustices demeurent" souligne-t-elle.

Elle relève qu’au plan fédéral, des avancées sont enregistrées, dans des dossiers comme le statut de la conjointe aidante par exemple, mais elle insiste sur des lacunes dans des domaines comme l’accueil de l’enfance. "Pour des raisons d’organisation familiale, c’est souvent la femme qui renonce à travailler, afin de s’occuper des enfants. Il faut réduire le manque de places d’accueil, pour favoriser l’activité professionnelle féminine".

La mandataire enghiennoise cite aussi trois priorités qu’il faut valoriser par des décisions politiques : l’accès au logement pour les mères qui élèvent seules leurs enfants, ainsi qu’aux soins de santé et les coups de pouce pour permettre aux jeunes filles et aux femmes de pratiquer un sport.

Des femmes en désarroi

A ce sujet, elle cite une initiative qui a remporté peu de succès sur le terrain, mais qu’elle trouve intéressante : pendant que les mères s’adonnent à une activité sportive, leurs enfants participent à des séances de psychomotricité. " Ce sont des thématiques distinctes, mais que l’on peut intégrer à une démarche d’éducation, d’impulsion de projets et de lutte contre les préjugés sexistes " insiste-t-elle. Sur ce dernier point, elle a déposé une résolution au Parlement de la Communauté française, pour que l’image de la femme généralement véhiculée dans les spots publicitaires ne soit pas stéréotypée et réductrice.

En évoquant l’accès au logement, Florine Pary-Mille se dit souvent interpellée, lors de ses permanences communales, par des femmes en désarroi. "Nous avons un devoir moral envers elles. Je pense aux victimes de violences conjugales, qui ne savent où aller. Ce sont des situations très éprouvantes pour elles".

Consciente des acquis mais surtout des carences en matière d’égalité des chances entre hommes et femmes, Florine Pary-Mille considère que les quotas fixés en politique ne suffisent pas. "Malgré les quotas, il n’y a pas beaucoup de femmes-bourgmestres ni d’échevines. L’égalité politique est loin d’être réalisée.".

Avec le secteur associatif

Florine Pary-Mille, 57 ans, connaît et mesure le prix à payer pour exercer des mandats en tant que femme. "Quand un homme décide de s’engager en politique, il fait un choix individuel. Mais, quand c’est une femme, le choix est collectif, familial. Mes seuls conseils de famille se sont tenus quand j’ai dû statuer sur mes mandats !" Et de rappeler que ses fonctions parlementaires et communales la mobilisent quasi sept jours sur sept.

Sur le plan local, elle évoque les formations en journée pour les femmes, la gratuité d’accès à l’espace public numérique et d’autres projets. Elle insiste sur l’importance d’une politique locale menée en partenariat avec le secteur associatif. Le champ d’action, à tous les niveaux d’intervention, est large.

Comme d’autres femmes actives politiquement, Florine Pary-Mille mise sur la parité, en termes d’emploi, de salaire, de logement, etc. La journée de la femme rappelle l’ampleur du fossé à combler.