Les points de vente de proximité ont été renforcés par la crise.

Chaque crise leur donne un peu plus raison : au service du bon et du bien manger, les producteurs locaux sont des acteurs majeurs de la chaîne alimentaire.

En région de Charleroi Métropole, ils enregistrent des hausses de fréquentation parfois spectaculaires, comme la chèvrerie des Saules à deux pas du zoning industriel de Jumet. Tous les jours, des files d’attente se forment devant le point de vente où Hugues Lambrechts et sa famille proposent leurs fromages, viandes de porc et volailles avec d’autres produits en provenance de fermes environnantes, comme le Maustichi à Leernes ou la ferme du Pavé à Gozée.

De nouveaux clients

De nouveaux clients sont arrivés, comme Marie-Christine. "J’ai écouté les conseils d’une de mes amies et voisines, Arlette, qui connaissait l’adresse. Ici, on trouve des légumes savoureux et goûteux, des produits fabriqués sans additifs ni conservateurs", dit-elle. Les producteurs locaux fidélisent des consommateurs, mais surtout ceux qui ne craignent pas l’attente. Car il faut patienter quinze, vingt, voire trente minutes parfois avant d’être servi.

"Ce constat d’augmentation de la clientèle n’est pas étonnant", dit-on au cabinet de l’échevin de la Transition écologique de Charleroi Xavier Desgain (Écolo). "Tous les échos d’agriculteurs et maraîchers de la région vont dans le même sens : les consommateurs retrouvent du plaisir à aller s’approvisionner directement à la source, jusqu’à créer des ruptures de stock comme ça se passe souvent. Il y a donc de la demande. Une demande qui tire l’offre vers le haut, en ouvrant des perspectives aux porteurs de projets d’alimentation saine et durable. Avec la mobilité, ce secteur s’impose assurément comme une filière d’avenir."

Profiter du contexte

Au-delà de la chaîne alimentaire de Charleroi Métropole qui regroupe une petite quarantaine d’opérateurs (fermes d’élevage et de culture, maraîchers, transformateurs, supérettes), une réflexion est en cours pour la création d’un cluster. Sa mission serait de soutenir le développement de méthodes de production plus durables, de promouvoir l’économie locale et d’augmenter les volumes. Le projet est en construction.

Il faut profiter du contexte favorable pour avancer.D.A.