Selon Jordan David, jugé pour un assassinat devant la cour d'assises du Hainaut depuis ce lundi, Marie-Hélène Di Francesca a été victime d'un accident. Elle l'a agressé, il l'a repoussée et elle a chuté lourdement sur le sol, après que sa tête eut heurté un coin de table. 

Pensant qu'elle était morte, alors qu'elle convulsait, il l'a achevée par strangulation. Le président de la cour note cependant que celui qui rêvait d'être militaire détenait un brevet de secourisme mais n'a pas porté secours à la victime. Il a opté pour une solution plus radicale, la strangulation, à l'origine de la mort selon le médecin légiste. Il a ensuite nettoyé les tâches de sang et embarqué le corps de la victime qu'il a enterré en plein milieu des bois à Cerfontaine, le 5 avril 2018.

C'est la question de la circonstance aggravante de la préméditation qui est au coeur des débats. Elle est contestée par la défense, qui soutient que l'accusé a été pris de panique car son geste allait ruiner sa carrière militaire.

Pour les enquêteurs, cela ne tient pas la route. Ils considèrent que l'accusé a fait preuve d'un véritable sang-froid après les faits. Ils le soupçonnent aussi de s'être inspiré de l'affaire Daval qui a défrayé la chronique judiciaire en France. 

Un homme a avoué avoir tué sa femme, accidentellement. Il a ensuite brûlé son corps dans un bois. Cet homme avait signalé la disparition de sa femme et joué le rôle du veuf éploré durant plusieurs semaines avant de passer aux aveux.

Un article relatant cette affaire a été retrouvé dans le bureau de l'entreprise du père de Jordan David. Ce dernier avait aussi, la vieille du crime, acheté un jerrycan qui n'a pas été retrouvé. Quand il s'est rendu chez la victime, le 4 avril 2018, peu avant 21 heures, il a stationné son véhicule à une centaine de mètres de la maison de Marie-Hélène Di Francesca. Il est entré chez elle avec un couteau, un briquet et une cordelette dans ses poches.

C'est avec cette cordelette qu'il a achevé la victime. 

Pour l'accusation, ce sont des éléments qui laissent penser à un acte prémédité.

Après avoir commis son forfait, Jordan David a nettoyé la maison de la victime, en slip et chaussettes, et a embarqué le corps dans la voiture stationnée dans le garage. Il est allé balancer quelques objets dans l'Escaut et s'est rendu dans les bois de Cerfontaine où il a enterré le corps.

Il est rentré à Estaimpuis, a abandonné la voiture de la victime sur une place, il a récupéré son véhicule et il est rentré chez lui où il a caché la clé de l'auto de la victime dans un gant, lui-même caché dans une chaussure.

Enfin, autre élément important, le GSM de l'accusé a été inactif entre le 4 avril à 20h50 et le 5 avril à 4h37. Il s'était alors embourbé dans le bois de Cerfontaine et il a tenté d'appeler son voisin à l'aide.

Arrêté quelques jours plus tard, Jordan David a d'abord nié les faits avant de passer aux aveux. Lundi, il a déclaré qu'il pensait que la victime était morte après sa chute accidentelle.

Le procès reprendra ce mardi.