La musique résonne à nouveau dans les locaux montois de l'Orchestre royal de Chambre de Wallonie. Les répétitions ont repris lundi, après six longs mois d'interruption. Jamais l'ORCW n'avait été aussi longtemps réduit au silence en 62 ans d'existence.

C'est peu de l'écrire, les mines des musiciens ayant retrouvé le chemin des pupitres étaient radieuses lorsque nous les avons rencontrés ce mercredi à Mons. "C'est un véritable bonheur", confirme avec une grande émotion Laurent Fack, directeur de l'ORCW. "Nous avons des musiciens qui jouent toutes les semaines. Ne pas pouvoir les faire monter, c'est comme condamner des lions à tourner en cage. Tant le public que les artistes ont besoin de ces interactions."

Bientôt, l'ORCW retrouvera les planches. Mais il a fallu s'adapter et Laurent Fack aurait souhaité pouvoir reprendre du service bien plus tôt. "Il y a certains événements que nous reportons à l'année prochaine. Nous avions par exemple prévu de jouer aux Grands Prés, toujours dans cette idée d'aller à la rencontre du public. Mais nous ne voulons pas prendre le risque de créer des attroupements", poursuit le directeur. "Dans les salles de concert en revanche, c'est différent. Les mesures qui ont été décidées ne sont pas toujours compréhensibles. Pourquoi peut-on manger à côté de quelqu'un dans un avion, alors qu'on impose des mesures beaucoup plus strictes pour les spectacles? Je comprends que cette crise n'est pas simple à gérer, mais les autorités devraient se reposer davantage sur les professionnels du secteur qui connaissent leur métier. Ca n'a par exemple aucun sens d'imposer les mêmes consignes à des acteurs de théâtre qu'à des musiciens classiques. De notre côté, nous avons trouvé comment assurer les distances de sécurité entre nos musiciens en revoyant la disposition de l'orchestre. Ca fait 300 ans qu'on nous dit qu'il faut jouer de telle manière. Eh bien, nous avons fait autrement!"

L'ORCW vibre à nouveau, et c'est sous la baguette d'un nouveau chef. Vahan Mardirossian est devenu le nouveau directeur musical de l'orchestre en janvier. Mais il n'a pu mener ses premières répétitions que lundi. "Après cette longue interruption, j'étais très heureux de pouvoir commencer ce travail. On comprend à quoi on sert. Si on enlève à un musicien la musique et la scène, il n'y a plus aucune raison de vivre. Le public a aussi besoin de cette nourriture spirituelle, sinon il reste toujours sur sa faim, même le ventre rempli. J'ai d'ailleurs hâte d'être à la chapelle musicale Reine Elisabeth le 27 août pour notre premier concert."

Pour l'ORCW, c'est un nouveau chapitre qui s'entame sous la houlette du directeur musical, véritable star en Asie. "J'espère apporter mon expérience acquise dans d'autres ochestres et apporter une richesse supplémentaire avec ma propre lecture des œuvres, comme quelqu'un qui apprendrait une nouvelle langue. Mais j'ai aussi beaucoup à apprendre des musiciens. C'est un véritable échange."