Les décisions des ministres wallons, Willy Borsus et Céline Tellier, risquent de mettre le feu aux poudres. Dans le courant du mois de février, le ministre de l’Aménagement du territoire avait confié son intention de lancer une étude complémentaire à celle réalisée par le créateur du projet, Elia. Alors que Céline Tellier, en charge de l’environnement, s’attachée elle à évaluer l’impact des ondes magnétiques d’une telle ligne à très haute tension, à travers une étude d’experts. L’objectif était d’apporter un maximum de réponse, de manière objective.

Interpellés par le député wallon, François Desquesnes sur la réalisation de comités de suivi pour ces deux études, les ministres wallons ont provoqué de nombreuses réactions suite à leurs réponses. "Les experts universitaires étant amenés à travailler en toute impartialité, il n’a pas été prévu d’associer un comité de suivi à cette étude même si mon Administration restera attentive à l’avancée des travaux", avait écrit Céline Tellier. Du coté de Willy Borsus , on confirme l’intervention d’un comité de suivi qui "comporte des représentants de mon cabinet et de mon administration." Aucun citoyen n’est ainsi convié à intervenir dans le déroulement des études, alors que la demande était forte du groupe citoyen Revolht et de nombreux élus locaux.

Face à ces deux refus, la rentrée du parlement wallon et de ses commissions risque d’être sous haute tension. "Je suis effaré par ce déni de transparence", a réagi François Desquesnes . "C’est circuler, il n’y a rien à voir ! L’enjeu de ce dossier mérite une vraie transparence démocratique, pas des études en petit comité où le travail apparaîtra cadenassé. Comment avec de telles méthodes imaginer que les citoyens pourront accepter le "verdict" de ces études ? Il y a pourtant eu un travail remarquable du groupement Revolht pour soulever des questions essentielles avant de prendre toute décision dans ce dossier."

Concernant la réponse de Céline Tellier, le député wallon est loin d’être convaincu. Le marché a été attribué au CR4 de l’ULB, placée sous la direction de la Professeure Catherine Bouland . Ce centre de recherche et sa directrice forment, avec d’autres centres de recherche universitaires, le groupe belge BioElectroMagnetics ( BBEMG ) qui étudie les effets sur la santé des champs électriques. "Le problème ici, c’est que les recherches effectuées par le groupe bénéficient en partie d’une contribution financière d’Elia", précise François Desquesnes. "Il est difficile à croire que ce groupe est donc totalement objectif envers le dossier. Alors si la peur, ici, est que les citoyens ne soient pas objectifs, pourquoi donner ce marché au groupe BBEMG ?"

Des contradictions qui devraient trouver réponse à la rentrée du parlement wallon la semaine prochaine.