Le bourgmestre demande à sa police de ne pas opérer une expulsion.

Le bourgmestre de Charleroi et nouveau président du PS applaudi par le groupe communal d’opposition PTB : c’est l’un des moments marquants - et inédits ! - du conseil de ce lundi.

Un conseil où Paul Magnette a annoncé son intention de commettre une… désobéissance politique, un acte (rarissime) que son nouveau statut de patron du premier parti de Wallonie rend d’autant plus visible : il a annoncé en effet qu’il avait donné instruction à sa police locale de ne pas exécuter un ordre d’expulsion.

L’affaire concerne une famille albanaise installée à Charleroi depuis 8 ans. Les enfants y ont grandi, y ont été scolarisés, un y a même vu le jour. Alors que cette famille s’est parfaitement intégrée, l’office des étrangers a décidé de la rapatrier.

Une décision qui a suscité une manifestation de solidarité la semaine dernière à Charleroi où élèves, enseignants, parents et sympathisants de deux écoles ont clamé publiquement leur soutien. Magnette s’en est félicité, comme son échevin de l’Etat Civil. « Notre zone de police est soumise à une double autorité, a-t-il dit, celle du procureur du Roi pour ce qui tient du judiciaire, la mienne pour ce qui relève de l’administratif. »

En l’absence de mesures judiciaires, il appartient au bourgmestre de faire respecter l’ordre public : « dans ce cas de figure, une expulsion créerait davantage de trouble que le maintien de la famille. J’ai donc pris mes responsabilités. » 

Une décision qui permet de laisser du temps à l’introduction de recours légaux.