Décidément, le front carolo s'organise au Parlement fédéral. Après Olivier Chastel (MR) et Véronique Salvi (CDH) conjointement en février dernier, c'était au tour du député Ecolo Jean-Marc Nollet de remettre la pression sur le ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael. But de la manoeuvre : connaître les intentions réelles du gouvernement fédéral pour venir en aide à la zone de police locale de Charleroi.

On connaît les problèmes récurrents que celle-ci rencontre : manque d'effectif et de moyens, ce qui entraîne une démotivation croissante des troupes alors que la lutte contre la criminalité demande, elle, à redoubler d'intensité si l'on veut définitivement sortir la cité sambrienne de cette image de Chicago-sur-Sambre.

A la lecture de l'accord gouvernemental, le député Ecolo s'est ainsi interrogé sur cette phrase "le gouvernement prêtera une attention particulière aux zones de police qui, à la suite de circonstances qui ne leur sont pas imputables, sont structurellement déficitaires"... cherchant donc à savoir si, oui ou non, Charleroi ferait partie de ces zones. On sait en effet que le pouvoir fédéral a renâclé par le passé à aider la zone de police de Charleroi en invoquant la responsabilité de la commune dans le sous-financement de sa police : "Une raison qui lui est imputable ou pas ?"

Mais le débat a tourné court car du, côté du ministre Patrick Dewael, "il n'est pas encore question de financement, l'éventuelle révision de la norme KUL n'aura lieu qu'après les conclusions de l'étude scientifique en cours, fin 2008. Quand on parle d'aide aux zones déficitaires, il faut l'entendre en terme de personnel... et là, Charleroi bénéficiera, comme les autres zones, du recrutement de 200 policiers supplémentaires".