Les travaux de démontage des arches du Pont des Trous ont repris ce vendredi matin. 

La navigation fluviale a été interrompue dans la traversée de Tournai ce jeudi soir, et reprendra lundi 12 août, 6h. Cette prolongation a été rendue nécessaire pour poursuivre et finaliser le chantier, hormis les deux piles de soutènement des arches qui seront, elles, enlevées du lit de l’Escaut ultérieurement.

Ce vendredi l’entreprise a commencé les opérations par l’enlèvement des éléments restants de l’arche en rive droite, puis par la pile la plus proche de la rive droite. Le travail permettra d’araser la partie supérieure de la pile jusqu’à environs 2 mètres au-dessus du niveau de flottaison.

L’entreprise procédera également aujourd’hui à la reprise au grappin des pierres du parapet sur l’arche rive gauche, côté aval.En plus des relevés de géomètre effectués avant les travaux du week-end dernier, des mesures ont également été à nouveau prises sur la tour de rive droite, dans la journée de lundi. Elles n’ont montré aucun mouvement de la tour de la Thieulerie suite aux travaux entrepris à sa jonction avec les arches.

" La procédure de déconstruction des arches prévoyait également le placement de sismographes à proximité de l’ouvrage pour s’assurer que les vibrations transmises par les engins ne dépassaient pas des valeurs seuil de stabilité. Deux appareils de mesure ont donc été placés avant le démarrage des travaux, vendredi dernier : l’un sur la terrasse surplombant la tour de la Thieulerie (rive droite), le second contre la paroi intérieure de la tour du Bourdiel (en rive gauche) ", explique Christophe Vanmuysen, Inspecteur général au SPW Mobilité & Infrastructures, en charge du chantier de modernisation de la traversée de Tournai.

L’aiguille du sismographe placé dans la tour rive gauche a approché ce seuil de tolérance -mais ne l’a pas franchi- et ce alors que le brise-roche attaquait les poutres de béton armé de l’arche centrale. A certaines fréquences, les vibrations induites par le travail des engins hydrauliques se sont donc transmises à la structure de la tour rive gauche, au travers des multiples armatures et poutres métalliques, et d’un béton particulièrement dense.

"Au vu de la structure différente, creuse, de cette tour par rapport à sa voisine, et du descellement déjà constaté de longue date pour certaines pierres à son sommet, le SPW a dès lors demandé à l’entreprise de mettre en œuvre les précautions techniques indispensables pour éviter toute instabilité des éléments de structure", poursuit M. Vanmuysen.

Avant de se rapprocher davantage de la tour rive gauche, l’entreprise activera des mesures de protection pour cette dernière, mesures envisagées et prévues ab initio dans l’éventualité d’une propagation trop importante des vibrations.

Dès ce vendredi soir, une entreprise spécialisée posera donc un cerclage (composé de poutres en acier) destiné à stabiliser et consolider le sommet de la tour du Bourdiel. Un dispositif qui, déjà, avait été rendu nécessaire en 1946 lorsque les ouvriers avaient procédé à la surélévation de 2,4m des deux tours médiévales. Ainsi corsetée, la tour du Bourdiel demeurera intacte durant les ultimes opérations.

Dans les mois à venir, elle bénéficiera d’ailleurs de travaux de rénovation (remplacement et scellement de certaines pierres, dégagement de végétation, nettoyage), qui sont prévus au projet pour chacune des deux tours.

"Selon le planning prévisionnel des travaux transmis par l’entreprise, samedi et dimanche, le démontage complet de l’arche en rive gauche pourrait ensuite être concrétisé, ainsi que la récupération des éléments tombés à l’eau et le gabaritage en toute fin de week-end, afin de rendre l’Escaut à la navigation lundi à la première heure ".

Les structures restantes des piles, elles, seront démontées au cours de l’un des prochains week-ends où le passage des bateaux est déjà interdit, fin août-début septembre.

Ces deux piliers ne comportent aucun parement de pierre sous le niveau de flottaison, mais uniquement une structure de béton armé et de pieux fichés dans le lit calcaire du fleuve, à partir de 5m de profondeur.

Les moyens d’exécution seront adaptés en fonction des investigations réalisées ce week-end sur ces éléments.