Entre la nécessaire fermeté qu’impose la situation et les discours rassurants, l’équilibre est difficile à trouver pour les autorités locales. L’analyse de certains chiffres et les informations diffusées notamment sur les réseaux sociaux ne facilitent pas la tâche, que du contraire. À Dour, le bourgmestre a tenu à remettre les points sur les i alors que sa commune était considérée comme au-delà du seuil d’alarme d’infection.

"De plus en plus de citoyens passent à côté de l’information, soit parce qu’elle n’est pas correcte, soit parce qu’ils ne la comprennent pas ou plus. Nous nous retrouvons avec d’une part des citoyens qui pensent qu’il n’y a plus aucun danger et qui se sent donc au-dessus de ça, et d’autre part des gens qui ne sortent plus de chez eux et qui ont peur de tout", regrette Carlo Di Antonio (Dour Demain), bourgmestre.

À tel point que certains n’ont pas hésité à demander à ce dernier de prendre de nouvelles mesures, y compris un reconfinement pur et simple de l’entité douroise. "Ils ont retenu que le fédéral donnait davantage de marge de manœuvre aux bourgmestres. On m’a donc demandé de reconfiner et d’empêcher les gens de partir en vacances. C’est une situation qui est difficile à gérer, il faut trouver le bon ton, les bons mots pour faire passer un message clair, basé sur la réalité de terrain."

À ce jour, Dour n’est pas une commune plus problématique qu’une autre. Mais la population ne sait visiblement plus quoi penser des informations qui inondent les ondes, les écrans et les réseaux sociaux. "Je suis inquiet du décalage qu’il y a entre la connaissance que l’on a désormais du virus et ce que les gens en comprennent. Le Fédéral ou les Régions devraient recommuniquer de façon claire sur les mécanismes de transmission et les gestes à avoir ou non car il ne s’agit pas encore d’une évidence."

Et de poursuivre : "La difficulté, c’est de toucher l’ensemble de la population, pas seulement ceux qui suivent les conférences de presse du SPF à 11 heures. À notre niveau, nous faisons de notre mieux. De mon côté, je réponds à énormément de messages et d’interrogations sur les réseaux sociaux ou en privé. Mais ce n’est pas possible dans toutes les communes." Carlo Di Antonio estime que les médias tout comme les autorités publiques ont un rôle à jouer dans la diffusion de ces informations.

"Nous donner du pouvoir et nous permettre d’aller plus loin dans les mesures en fonction de la réalité de terrain, c’est bien. Mais encore faut-il nous en donner les moyens et ne pas simplement nous dire « on compte sur vous." C’est pourtant ce qu’il se passe aujourd’hui. » Épuisés par une crise qui n’en finit plus, les autorités locales composent donc avec les moyens du bord et tentent, tant bien que mal, de freiner l’épidémie sur leur propre territoire.