La ville de Chimay est réputée pour sa bière trappiste et son fromage. Aujourd’hui, la bière est exportée dans 40 pays dont les Etats-Unis et le Japon. Avec une production annuelle de 160 000 hectolitres, la brasserie Chimay, située à l’intérieur de l’abbaye cistercienne de Scourmont, est une grosse consommatrice d’énergie. Cela engendre un rejet important de CO2. Par exemple, pour 2008, 3 456 tonnes de CO2 ont été produites pour la bière et 839 tonnes pour le fromage.

Face à ces chiffres, les responsables ont décidé d’agir pour l’environnement. "Nous avons mis en place différents dispositifs pour diminuer la consommation d’énergie lors de la production de la bière, ce qui engendre une baisse de CO2 rejeté", précise le responsable qualité, Pierre Etienne.

Les conduites vapeurs ont été isolées, des variateurs de vitesse installés sur les pompes et les moteurs. Les chauffeurs de camions ont suivi une formation d’éco-conduite.

L’usine d’embouteillage de Baileux, où sont nettoyées les bouteilles de bières déjà utilisées, compte désormais une rinceuse. "Les bouteilles usagées passent par la grande laveuse qui nécessite beaucoup d’énergie et de produit nettoyant. La rinceuse est destinée aux nouvelles bouteilles. Elle est plus petite et plus économique", poursuit Pierre Etienne.

Des aménagements ont aussi été réalisés dans l’abbaye. Une station d’épuration permet de séparer les eaux usées des eaux pluviales. Les surplus de chaleur dans la salle de brassage sont récupérés grâce à un échangeur. "Ce système permet de chauffer l’ensemble de l’abbaye. Depuis avril, plus aucun litre de mazout n’a été consommé", explique le responsable énergie, Daniel Henriet. "Et d’autres projets existent. La vapeur qui s’échappe de la cheminée lorsque le moût est en ébullition devrait être récupérée pour chauffer les bâtiments. Une chaudière à pellets est en cours d’installation." 985000 € ont déjà été investis, ce qui permet à la société Chimay de déjà respecter les exigences de Kyoto.