Le chantier joue à nouveau les prolongations, portant le total du retard à trois ans au moins.

Nouveau retard annoncé dans l’achèvement du chantier du R9 : maître d’œuvre de ces travaux, la Sofico (Société de financement complémentaire des infrastructures) vient de confirmer que la fin des travaux prévue en avril est désormais "espérée en juin" . Ainsi, l’exécution qui devait s’étaler sur trois ans en aura duré six.

Elle n’a porté que sur un tronçon de l’ouvrage aérien qui développe 5,6 kilomètres. Le chantier avait été ouvert en septembre 2014, entre le pont de l’Abeille et le tunnel Mayence. Quinze ponts et viaducs étaient concernés, ainsi que neuf accès et sorties qui ont fermé à tour de rôle - notamment la bretelle A503 alternativement dans les deux sens. Durée estimée : 1 098 jours ouvrables, jusqu’en 2017. Un délai qui a été largement dépassé.

La grande complexité du chantier a touché à la présence de la gare et de son faisceau de voies en dessous de la rocade. Gestionnaire du réseau ferroviaire, Infrabel impose en effet des contraintes très strictes aux entreprises qui interviennent sur des ouvrages surplombant son domaine, avec des risques pour la sécurité du trafic.

"Les demandes de coupures de circulation doivent ainsi être introduites au moins six mois à l’avance", selon le porte-parole d’Infrabel Frédéric Sacré. Une fois fixés, les créneaux ne peuvent plus bouger, serait-ce de quelques heures. Il faut avoir une parfaite maîtrise du calendrier pour programmer avec précision ces "fenêtres" de travail. Généralement, elles sont planifiées la nuit pour limiter l’impact sur le trafic.

Pour les travaux du ring, Infrabel a assoupli ses règles et réduit le délai d’obtention des coupures à trois mois selon la Sofico qui impute à l’entreprise désignée par marché public la responsabilité de deux années de retard.

De nombreux couacs sont en effet venus ralentir le chantier, notamment l’inefficacité du portique mobile bleu conçu pour les peintures. Ce que l’entreprise admet. Pour ces retards, des pénalités lui ont été infligées : elles s’élèvent déjà à 1,2 million d’euros, selon la Sofico, soit près de 5 % du coût de ce chantier d’un montant de 25 millions hors TVA.

Dans une réponse écrite à la question du député MR Nicolas Tzanetatos, le ministre de la Mobilité Philippe Henry (Ecolo) a assuré que les travaux n’avaient pas ralenti la circulation sur le ring, ni favorisé des pics de pollution.