Charleroi, métropole wallonne moderne du XXIe siècle. A déambuler dans les quartiers de plus en plus désertés de la ville Basse, les "Carolos" ont du mal à y croire. Pourtant, désormais, le rêve est permis. Le promoteur privé Saint-Lambert Promotion, qui y a déjà investi par le rachat d’un nombre important d’immeubles, vient d’en donner les contours.

Depuis la sélection de Rive Gauche par le Collège, il y a un an, comme projet prioritaire de revitalisation du centre-ville les esquisses ont bien évoluées. En vérité, celles-ci sont même devenues un vrai pari architectural. Par le travail de Rudy Ricciotti, architecte marseillais de renommée internationale, et les négociations menées entre les autorités communales et le promoteur, les ébauches de départ ont été bouleversées. Le cadre, lui, demeure identique : le but est de rendre des battements au cœur de la ville. Pour cela, le pacemaker à implanter reste un grand centre commercial (25 000 m²) avec un parking en sous-sol (600 places). La rentabilité du projet en dépend.

Autour viendront se greffer espaces de services et publics et logements (désormais 15 000 m²).

Le changement radical tient alors dans le défi architectural dans lequel souhaite se lancer tant le promoteur que la ville : il faut ouvrir cette partie enclavée vers les autres artères commerciales. La barrière des colonnades entre la place Albert Ier et la rue de la Montagne doit tomber. Cette option est défendue pour diverses raisons.

Au-delà de l’esthétisme, il y a, d’une part, la facilité d’accès, et donc de succès, aux différentes zones de commerces et, d’autre part, la réflexion en terme de mobilité.

Selon l’auteur de projet la circulation sur le boulevard Tirou se constitue de 50 à 60 % de transit. Aussi, rendre aux piétons la partie de celui-ci qui se dresse entre le pied de la Montagne et la place Albert rendrait à la ville un point d’ancrage historique où les "Carolos" auront à nouveau plaisir à se rendre. Cette nouvelle option doit encore être affinée et avalisée par le fonctionnaire délégué mais elle n’est pas que théorique : la fin des travaux est toujours prévue pour 2013.