L’exploitation d’une salle de fêtes où la musique est amplifiée nécessite un permis. A Charleroi, beaucoup d’établissements et d’infrastructures publiques n’en disposent pas, faute d’en avoir demandé le renouvellement.

Dans ce cadre, le Premier substitut du Parquet de Charleroi en charge de l’Environnement a invité la Ville à se remettre en ordre. Combien de situations d’infraction existent-elles ? Dans quelle mesure des procédures de régularisation ont-elles été lancées ? Au conseil communal, le conseiller écologiste Xavier Desgain n’a obtenu aucune précision à ce propos.

Il tire donc la sonnette d’alarme : sous peine de compromettre l’organisation des réveillons de fin d’année, il est urgent d’agir. A Marcinelle, des riverains du centre de délassement ont saisi le ministre wallon Philippe Henry (Ecolo) d’un recours contre le permis délivré par la Ville à sa régie communale autonome (RCA), en charge de la gestion du domaine. Ils jugeaient les conditions d’exploitation trop peu restrictives et dénonçaient des nuisances, lors de l’organisation de soirées.

De nouvelles règles ont été établies : elles limitent le nombre de soirées à deux par mois, le week-end ou les jours fériés. Pas question de faire du bruit après 2 heures du matin. Ces conditions interdisent donc purement et simplement l’accueil d’une soirée de Saint-Sylvestre puisque le 31 décembre tombe un lundi.

Quand il entend la majorité tripartite insinuer que Philippe Henry étouffe la vie nocturne, Xavier Desgain rappelle qu’on n’en serait pas arrivé là si la Ville avait correctement suivi l’instruction de ce dossier. Aucune suite n’a été réservée à l’information préalable du ministre. Ce dernier a donc réformé le permis. Négligence des services d’urbanisme et de la RCA ? Dans sa réponse à l’interpellation, le bourgmestre Eric Massin a plaidé coupable. Pour lui, l’arbre ne doit toutefois pas cacher la forêt : dans une large mesure, l’absence de permis concerne des opérateurs privés.

Les exploitants de l’Atrium Arena, du Rockerill, du Coliseum ont entamé des régularisations. Pour Desgain, le tout n’est pas seulement de se mettre en ordre, encore faut-il se donner les moyens de faire respecter les règles et conditions définies. Le conseiller a rappelé que son ministre était ouvert au dialogue. Un compromis ferait gagner du temps et de l’argent à la Ville, qui compte introduire un recours devant le conseil d’Etat.