Hainaut CHARLEROI

La diminution du pouvoir d’achat favorise le surendettement. A Charleroi, le service de médiation de dettes du CPAS voit le nombre d’usagers de ses permanences augmenter chaque année. "La semaine dernière, une trentaine de personnes s’y sont présentées pour obtenir de l’aide, rapporte sa responsable Véronique Pisano. Ils ont été plus de 1 700 à y passer l’année dernière, un chiffre encore en progression par rapport à celui de 2010 où la fréquentation avait déjà grimpé de plus de 30 %."

D’autres indicateurs confirment l’évolution : l’an passé, le traitement de nouveaux dossiers s’est accru de 15 %. Preuve que les difficultés s’aggravent : l’explosion du taux de procédures en règlement collectif de dettes, afin d’établir "la faillite personnelle " des ménages incapables de faire face à leurs engagements.

Véronique Pisano identifie deux facteurs à cette montée en régime : "D’abord, il y a le poids des charges courantes. Celles-ci représentent une part croissante des dépenses domestiques. Certains ménages consacrent 60 à 70 % de leurs revenus à payer leurs loyers et factures d’énergie. Ensuite, deux services privés de médiation de dettes ont disparu au cours des derniers mois : Infor Familles et Faim et Froid. Il n’en reste que trois à l’échelle de Charleroi et cinq pour la grande région (Châtelet et Anderlues)."

Selon la directrice, "les demandeurs ont tendance à s’adresser à nous de plus en plus tard dans la procédure, parfois à la veille de la vente de leurs meubles ou biens immobiliers. Il faut alors agir très vite" . Pour Véronique Pisano : " On constate que le travail à l’amiable est de plus en plus difficile. Beaucoup de difficultés sont liées à des abus de crédits : les intérêts s’ajoutent au capital et produisent de nouveaux intérêts débiteurs qui sont exorbitants. C’est assez difficile de se sortir de ce cercle vicieux ! "

Une part croissante de dettes non liées à du crédit contraint les familles à demander une médiation. " Plus d’un dossier sur deux" , selon l’enquête 2011 de l’observatoire wallon du crédit. "Quand il ne s’agit pas de dettes publiques (fisc, redevances communales ou régionales), ce sont des dettes de logement ou d’énergie, des dettes de santé ou de télécommunication. Leur montant moyen s’établit autour de 8 560 euros dans la province. Quand s’y ajoutent des arriérés de crédit, il passe à 19 500 euros."