Hainaut

Le Théâtre du Copion, dont le siège est à Baudour (Saint-Ghislain), est actif depuis près de 25 ans.

Au fil du temps, une petite équipe s'est constituée et la compagnie compte désormais six emplois à durée indéterminée. Elle a récemment joué la nouvelle version de son spectacle "Kyoto mon amour". Comme l'indique ce titre, la pièce explore le problème du réchauffement climatique et les solutions individuelles possibles.

Lors d'une représentation à l'Eden de Charleroi, jeudi dernier, Daniel Tanuro, auteur du cahier pédagogique qui accompagne "Kyoto mon amour", a insisté sur l'importance du lien entre la lutte contre les changements climatiques et la justice sociale.

"Jusqu'à présent, les effets du réchauffement touchent quasi exclusivement les pauvres , écrit-il. La transition énergétique (vers un système solaire, NdlR) n'est pas techniquement facile, au contraire. Mais les principaux obstacles sont économiques et politiques."

Le Théâtre du Copion propose donc une large réflexion sur l'état du monde et l'urgence écologique. Le texte du spectacle comporte d'ailleurs une partie rédigée par Jean-Pascal van Ypersele, professeur de climatologie et de sciences de l'environnement à l'UCL, membre de la délégation belge à la Conférence de Kyoto.

" Les gens se sentent impuissants face à l'évolution du monde sur le plan environnemental , note pour sa part Alba Izzo, gestionnaire, comédienne et animatrice au Théâtre du Copion. Or, pour peu qu'ils prennent conscience des réalités, ils trouvent des moyens d'agir. Nous faisons clairement du théâtre engagé, de société et nous constatons les effets positifs de notre travail intensif. "

Comme d'autres compagnies de théâtre-action, le Théâtre du Copion propose des interventions scolaires et des ateliers au réseau associatif (lutte contre le racisme, droits humains, égalité des sexes, ressources naturelles, etc.).

Son premier spectacle, sur le racisme, s'intitulait "Le grand sorcier, spécialiste des maladies du soleil" et a été joué plus d'un millier de fois !

En 2007, le Copion a assuré 164 représentations, pour 15 000 spectateurs, mais aussi 15 ateliers scolaires et associatifs. "Kyoto mon amour" sera interprété une cinquantaine de fois cette année, avec un débat à la clé. " C'est une des spécificités de notre compagnie, à savoir que les comédiens doivent aussi être des animateurs aguerris, assurer ce double rôle, pour pouvoir travailler dans les écoles, les comités de quartiers, les centres de jeunes, etc. , ajoute Alba Izzo. La fonction d'animateur est d'autant plus importante que les créations collectives ne reposent sur aucun texte, au départ ."

Parmi les projets, il y a un nouveau spectacle pour 2009 avec l'association "Droits Devant" sur tous les "sans" (sans emploi, sans abri, sans famille, etc.). Ils ont déjà travaillé ensemble sur la pièce "J'm'en fous d'en avoir marre" et lors d'ateliers d'écriture.

Cette année, dans le cadre du Festival international de théâtre-action (FITA), le Théâtre du Copion jouera "C'est la vie", qui traitera de la sexualité des jeunes en Belgique et en France. De spectacles en animations, il continuera à observer le monde, pour en écrire des pages authentiques et essentielles.

theatreducopion@skynet.be www.theatreducopion.be