Hainaut

Le ministre wallon de la Mobilité Carlo Di Antonio a annoncé mardi la déconstruction du Pont des Trous à Tournai avant sa reconstruction dans un style proche de l'identique. 

L'aménagement de ce pont enjambant l'Escaut permettra le passage des péniches de 2.000 tonnes. "Début juin, le permis sera accordé pour l'élargissement et la déconstruction de l'arche centrale du pont", a détaillé le ministre. "Les travaux débuteraient fin 2019, début de l'année 2020. Ensuite, on se donne un an pour étudier la reconstruction." L'objectif est de maintenir le style du pont tout en élargissant l'arche centrale et en réutilisant les matériaux d'époque, précise-t-il.

Subsidié, ce projet d'aménagement flirte avec les 12 millions d'euros.

Construit entre 1281 et 1304, le Pont des Trous à Tournai est l'un des trois ponts militaires du 13e siècle subsistant encore dans le monde. Bombardée et partiellement détruite durant la Deuxième Guerre mondiale, cette porte d'eau enjambant l'Escaut a été reconstruite en 1947.

Dans le cadre du projet du creusement du canal Nord Seine en France et de son raccord avec les voies navigables belges, il était impératif de modifier la structure de ce pont composé de deux tours sur les rives et de trois arches surplombant l'Escaut. Le passage est actuellement limité aux péniches de maximum 1.500 tonnes et l'arche centrale doit être élargie pour permettre le transit de bateaux de 2.000 tonnes.

Depuis de nombreuses années, le projet de démolition fait débat à Tournai et sa région tant dans les milieux politiques, économiques ou de protection du patrimoine. Lors d'une consultation, la population avait massivement rejeté l'utilisation d'un matériau de substitution pour un éventuel projet de reconstruction.

Lors du conseil communal du 28 janvier dernier, la majorité PS-Ecolo avait approuvé le projet d'aménagement des quais et des voiries mais avait renvoyé la décision sur l'avenir du Pont des Trous au gouvernement wallon.

"Le MR de Tournai se réjouit de l'abandon du projet (de l'architecte) Bastin qui ne correspondait absolument pas à l'identité tournaisienne", a réagi celui-ci mardi soir. "Néanmoins, sachant que cette décision est prise dans une période de fin de législature et qu'il est constant que l'on ne peut toucher à un monument classé sans procédure de déclassement préalable, le MR de Tournai se montre extrêmement vigilant quant aux étapes ultérieures de ce dossier. Il n'hésitera pas à recourir à la voie judiciaire si nécessaire", a ajouté la section locale, renvoyée dans l'opposition après les dernières élections.