Johan de Vos déclare sa flamme à la cité carolo dans Charleroi, het is altijd iets.

Charleroi, het is altijd iets (ou en français : Il se passe toujours quelque chose à Charleroi), ce titre, le natif de Bruges de 77 ans l’a emprunté au slogan du musée de la Photographie de Mont-sur-Marchienne. "Je viens visiter les musées de Charleroi depuis une cinquantaine d’années pour faire mon travail de critique d’art" , explique-t-il. "Je suis aussi photographe, j’ai travaillé pour des journaux comme De Standaard et Knack . Cet ouvrage sur Charleroi est mon neuvième livre."

La couverture en est assez sobre, blanche, avec seulement le nom de l’auteur et le titre, aucune photo du sujet traité. "Charleroi est une ville tellement complexe qu’il est difficile de choisir une seule photo pour la représenter" , déclare Johan de Vos, qui aime Charleroi de toutes ses tripes. Autre singularité, la publication existe uniquement en néerlandais et pas en français. "Ce livre est destiné aux Flamands et aux Hollandais" , se justifie-t-il. "Pour leur dire que Charleroi n’est pas seulement ce que l’on en dit, il y a tant de belles choses autres que ‘c’est moche’, ‘il y a du chômage, de la pauvreté et de la criminalité’."

Les deux cents pages de Charleroi, het is altijd iets que publient les éditions EPO sont chapitrées et abordent des sujets aussi divers que des lieux emblématiques de la ville, l’architecture, la nature, la culture, la musique, le théâtre. Sans oublier les "affaires" pour lesquelles Johan de Vos a rencontré notre confrère Didier Albin.

Au fil des pages, on y rencontre des personnalités connues, comme le bourgmestre Paul Magnette, la chanteuse Mélanie De Biasio, le journaliste François de Brigode (chaque fois qu’il a le blues, il revient à Charleroi retrouver ses amis), et un peu moins connues peut-être du grand public, à l’image de Nicolas Buissart, Joelle Simon et Laly Debèque.

Johan de Vos a rencontré une centaine de personnes mais toutes ne figurent pas dans le résultat final. "J’ai dû faire un choix car beaucoup me disaient la même chose" , tranche-il, presque embarrassé. En guise d’introduction, l’auteur écrit sans complexe que Charleroi is de wereld : Charleroi, c’est le monde. "Contrairement aux Flamands qui sont inquiets et ont peur de l’avenir, analyse notre ambassadeur flamand, les Carolos vivent au jour le jour et profitent du moment qui passe, pour eux demain est un autre jour. Ils sont dans le monde d’aujourd’hui. Les Carolos sont très ouverts, ils ne tergiversent pas, ils vous disent très vite la vérité."

Johan de Vos, qui espère qu’un éditeur francophone aura bientôt la bonne idée de traduire son hagiographie de la cité carolo dans notre langue, viendra présenter son livre le samedi 16 mars à 16 heures à la librairie Molière. En français.