Le guide propose des fiches évolutives et des solutions pour se sortir de mauvaises situations.

Le sexisme en rue est une réalité, même si elle ne se traduit que trop rarement dans les chiffres officiels. Au premier semestre 2018, on ne dénombrait par exemple que 26 plaintes pour sexisme. Soit à peine la pointe de l’iceberg. Malheureusement, lutter contre ce fléau reste extrêmement difficile et fortement dépendant de l’éducation. Pour malgré tout "armer" au mieux les victimes, un guide pratique contre le sexisme dans l’espace public a vu le jour à Mons, sous l’impulsion de la présidente du CPAS, Marie Meunier.

L’outil propose six fiches évolutives reprenant des situations vécues par des femmes et, surtout, des stratégies pour s’en sortir. Certaines situations décrites parleront malheureusement à de nombreuses personnes : être fixées du regard, être insultées ou subir des blagues sexuelles, être témoin d’un fait d’agression/de harcèlement, être victime de frottement dans une foule,… Les solutions proposées divergent selon le sentiment de sécurité ressenti face à l’agresseur.

"Ce guide pratique est le fruit du travail du conseil consultatif de l’égalité entre les femmes et les hommes de Mons, créé il y a un peu plus d’un an", explique Marie Meunier. "De nombreux actes ont déjà été posés par la ville de Mons dans le cadre de cette problématique, il s’agissait donc de faire un pas supplémentaire grâce aux témoignages et au travail de différents partenaires actifs sur le terrain."

Les fiches seront amenées à évoluer pour coller au mieux à la réalité et au public à qui elles s’adressent. "Pour le moment, le guide est distribué aux partenaires afin qu’il soit utilisé comme outil dans les groupes de paroles, les ateliers thématiques. Il est également disponible dans les plannings familiaux. Nous sommes en phase-test mais l’on pourrait imaginer aller plus loin et le rendre accessible à l’ensemble de la population montoise."

Jusqu’à présent, les retours semblent positifs. "Ce guide est avant tout destiné aux victimes mais nous espérons qu’il suscitera une prise de conscience d’un potentiel agresseur, qui se rendra compte que ce qu’il fait n’a rien de normal…" Insistons sur le fait que la création de ce guide n’a pas vocation à mettre un terme à une situation dont le seul responsable reste et restera toujours l’agresseur mais à apporter aux victimes l’aide ponctuelle dont elle pourrait avoir besoin.